IRN : Centre franco-argentin de recherche sur le cancer du pancréas

IRN entre le Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM) – UMR7258 et le CONICET, Université de Buenos Aires- Departamento de Microbiología, Parasitología e Inmunología, Area Inmunología, Facultad de Medicina.

Partenaires français du projet

Nom du coordinateur : Juan Iovanna

Laboratoire de rattachement du coordinateur : Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM) – UMR7258

Institut CNRS : Institut des Sciences Biologiques (INSB)

Autres organismes et laboratoires : INSERM U1068, CNRS UMR 7258, Aix Marseille Université, Institut Paoli Calmettes

Partenaire(s) étranger(s)

Pays concerné(s) : Argentine

Nom du coordinateur : Eduardo Chuluyan

Organisme et laboratoire de rattachement du coordinateur : CONICET, Université de Buenos Aires- Departamento de Microbiología, Parasitología e Inmunología, Area Inmunología, Facultad de Medicina.

Autres organismes et laboratoires : Universidad Nacional Arturo Jauretche, Hospital de Alta complejidad El Cruce

Programme scientifique concis

Pourquoi créer un Centre franco-argentin de recherche sur le cancer du pancréas ?

Plusieurs raisons primordiales justifient un intérêt particulier pour la création de ce Centre :

L’incidence de l’adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC) continue d’augmenter dans le monde. Il n’y a ni centres ni laboratoires spécialisés dédiés spécifiquement à l’étude du PDAC ni en Argentine ni en Amérique latine. La création de ce Centre servira à stimuler l’intérêt des scientifiques et des médecins à travailler dans un environnement structuré pour mettre toutes les forces dans le même sens et promouvoir des projets ayant un réel intérêt clinique.

En Argentine, il y a plusieurs scientifiques avec une grande expérience dans l’étude du PDAC qui travaillent sans que la maladie soit l’objectif principal de leur travail mais plutôt que le PDAC représente un « modèle d’étude intéressante ». Une partie de la perte de l’intérêt à travailler sur la maladie est due au manque d’incitation, de structuration et de coordination des projets qui se développent en Argentine.

Le Centre de recherche franco-argentin sur l’étude du PDAC bénéficiera d’un partenariat privilégié avec l’Institut Paoli Calmettes (IPC), le Centre anticancéreux de Marseille, pour la formation des médecins (chirurgiens, gastro-entérologues et oncologues) et avec l’équipe Cancer du Pancréas du CRCM pour former de jeunes chercheurs et établir des projets collaboratifs à long terme.

Comment l’activité du Centre sera-t-elle organisée ?

Outils à développer : a/ création d’une biobanque bien annotée d’échantillons de tumeurs de patients et de leur sang, et d’organoïdes; b/ création de plateformes dédiées; c/ création d’un observatoire sur le PDAC; d/ disponibilité des cellules PDAC primaires préalablement caractérisées au niveau moléculaire; e/ disponibilité des modèles animaux transgéniques les plus couramment utilisés dans l’étude de cette maladie; f/ stimuler les accords de collaboration avec l’industrie locale.

La structuration de la recherche scientifique : a/ identification de nouvelles cibles thérapeutiques; b/ développement de traitements contre ce cancer; c/ identification des marqueurs précoces; d/ hétérogénéité tumorale; e/ microenvironnement et immunité du PDAC; f/ biologie des métastases; g/ bioinformatique; h/ essais précliniques; i/ essais cliniques multicentriques en collaboration avec des big-pharmas; j/ stimulation de la valorisation et création de start-up.

Activité de formation et d’enseignement : a/ organisation de réunions internes; b/ organisation de cours et de réunions pour la formation des médecins; c/ organisation de la rencontre franco-argentine pour stimuler les collaborations; d/ activité de divulgation de cette pathologie pour la faire connaître au grand public et pour faire prendre conscience aux autorités gouvernementales.

Complémentarité des équipes

La France pourrait profiter des travaux et des projets des excellents scientifiques argentins et, en retour, l’Argentine profitera aussi de la qualité des scientifiques français, des structures et des plateformes de recherche de qualité pour améliorer leur efficacité et aller plus vite. A noter également que la France comme l’Argentine profiteront de l’augmentation de la production scientifique comme fruit des collaborations et de la complémentarité qui pourra se concrétiser rapidement par le dépôt de brevets communs et la création de start-up binationales.

Rappel du contexte de la coopération et des relations existantes

L’équipe de recherche sur le cancer du pancréas à Marseille est un centre spécialisé étudiant différents aspects du PDAC, ce qui en a fait un laboratoire attractif pour les scientifiques argentins. Daniel Grasso (18 publications en commun) et Maria Noe Garcia (10 publications en commun), deux chercheurs principaux en Argentine, ont passé trois ans en tant que post-doctorants dans le laboratoire français, puis lorsqu’ils sont retournés dans leur pays, une collaboration a été établie. Certains étudiants du laboratoire d’Eduardo Chuluyan (9 publications en commun), directeur du Centro de Estudios Farmacológicos y Botánicos, Faculté de médecine, Université de Buenos Aires, ont passé plusieurs mois dans le laboratoire français travaillant sur un projet commun. Nous avons obtenu un soutien financier de certains programmes Ecos-Sud et INSERM-CONICET, ainsi que de l’ambassade de France en Argentine.

Résultats attendus du projet

Nous allons essayer de développer progressivement l’intérêt et les projets concernant tous les aspects mentionnés ci-dessus qui caractérisent le PDAC. Nous commencerons par développer des marqueurs pour le diagnostic précoce, en examinant de nouvelles voies de signalisation pouvant être utilisées pour mettre au point de nouveaux médicaments efficaces contre le PDAC, en repositionnant des médicaments approuvés par la FDA pour sensibiliser les traitements cytotoxiques standard et l’immunothérapie, en étudiant le paysage immunologique pour tenter d’identifier des facteurs immunostimulants, nous étudierons également la biologie des métastases pour identifier leurs points faibles afin de les combattre. Dans un second temps, nous nous concentrerons sur l’étude de l’hétérogénéité des tumeurs, par l’analyse des cellules uniques, ce qui devrait expliquer l’échec des traitements. Nous développerons un modèle moléculaire sur la base des données multiomiques publiquement disponibles en utilisant des outils de bioinformatique et d’intelligence artificielle. Nous mettrons en place une plateforme d’études précliniques, nous préparerons le contexte pour faciliter la propriété intellectuelle en encourageant les personnes à valoriser leurs résultats en déposant des brevets et en créant des start-ups. Nous organiserons des cours de troisième cycle et des conférences pour faire connaître la discipline.

Perspectives industrielles ou attendues du projet

Nous espérons commencer les travaux du Centre au cours des 2 ou 3 prochains mois. Chaque équipe est prête. Il convient de noter qu’au cours de la période initiale, le projet global semblera disparate, mais rapidement nous nous concentrerons sur les projets qui progressent rapidement, ceux qui peuvent apporter des avantages directs aux patients, ceux qui ont la capacité prometteuse d’être valorisés par le dépôt de brevets et la création de start-ups, et ceux qui ont pu générer des collaborations avec des équipes internes ou externes. Au cours des deux premières années, nous déploierons notre énergie pour établir plusieurs collaborations entre les équipes fondatrices afin de développer un solide réseau interne; nous solliciterons également un soutien financier auprès de sources nationales, internationales et industrielles. Il convient de noter que l’Université d’Aix-Marseille, l’université affiliée au CRCM, promeut et soutient ce type de réseau international. Au-delà de cette période, nous rencontrerons des scientifiques d’Amérique latine travaillant sur des domaines proches du PDAC et intéressés par la mise en place de projets liés au PDAC, et nous les encouragerons à intégrer à distance le Centre en tant que membres du réseau. Cela permettra à ces scientifiques de travailler de manière coordonnée, de bénéficier des outils disponibles au Centre, d’établir des collaborations avec des équipes du réseau, et enfin de profiter des échanges avec leurs homologues français. Nous sommes convaincus que trois ans suffisent pour attirer des personnes à travailler au sein du réseau de manière coordonnée et collaborative. Ces équipes seront associées aux demandes de subventions.

Avantages attendus de la collaboration pour le/les laboratoire(s) français

La création de ce Centre franco-argentin servira à organiser, coordonner et structurée cette discipline et à s’assurer que toutes les parties travailleront dans la même direction, avec des objectifs clairs, évitant les redondances et concentrant les efforts vers le bénéfice des patients. En ce sens, la France pourrait tirer parti du travail et des projets des excellents scientifiques argentins, et en retour, l’Argentine bénéficiera également de la qualité des scientifiques français, des structures de recherche de haute qualité et des plateformes pour améliorer leur efficacité et progresser plus rapidement. Enfin, il convient également de noter que la France et l’Argentine tireront tous deux profit de l’augmentation de la production scientifique résultant des collaborations et des complémentarités qui se traduiront rapidement par le dépôt de brevets et la création de start-ups binationales.

Apports dans le projet du/des laboratoire(s) français

Le Centre de recherche sur le PDAC franco-argentin en Argentine bénéficiera d’un partenariat privilégié avec l’Institut Paoli Calmettes (IPC), le centre de lutte contre le cancer à Marseille, pour la formation des médecins (chirurgiens, gastro-entérologues et oncologues) dans le traitement des patients atteints de PDAC, ainsi qu’avec l’équipe de recherche sur le cancer du pancréas au CRCM pour la formation des jeunes chercheurs et la réalisation de projets collaboratifs. L’IPC offre un environnement exceptionnel pour les jeunes médecins, car la chirurgie, l’oncologie et l’écho-endoscopie pour les patients atteints de PDAC sont parmi les meilleurs en France et en Europe. Le CRCM compte 450 chercheurs dédiés à l’étude des cancers, avec plusieurs plateformes techniques (recherche clinique, transgenèse et cryopréservation, biothérapie et thérapie cellulaire, protéomique et spectrométrie de masse, histopathologie expérimentale, modèles murins, microscopie et imagerie scientifique, bioinformatique, nanobodies, centre de données et informatique scientifique, criblage à haut débit, immunomonitoring et cytométrie) et c’est une structure ouverte aux collaborations.

Apports dans le projet du/des laboratoire(s) étrangers

Les étudiants argentins en doctorat et en post-doctorat bénéficient d’une très bonne formation de base, ce qui facilite la production scientifique. La recherche sur le PDAC en Argentine a l’avantage d’être entre les mains de scientifiques et de cliniciens expérimentés, mais l’inconvénient est que cette discipline n’est pas structurée et les efforts des scientifiques ne peuvent pas être bien appréciés car chacun travaille dans son coin. Des dizaines de scientifiques argentins et quelques autres d’Amérique latine ont déjà exprimé leur intérêt à intégrer un réseau cohérent dédié à l’étude du PDAC si cette aire de recherche était bien organisée, coordonnée et structurée. La création de ce Centre franco-argentin servira à lever cet inconvénient et à s’assurer que toutes les parties travailleront dans la même direction, avec des objectifs clairs, évitant les redondances et concentrant les efforts vers le bénéfice des patients.

    Participants

    • Juan Iovanna , Coordinator France
    • Eduardo Chuluyan, Coordinator Argentina