[:fr]Le Covid-19 confine la recherche en Amérique du Sud : Interview d’Olga Anokhina[:pt]A Covid-19 coloca a pesquisa Sul-Américana em confinamento : Entrevista com Olga Anokhina[:es]La Covid-19 desafía a la investigación en América del Sur | AMÉRICA DEL SUR[:]

[:fr]Contact : Olga Anokhina – olga.anokhina@cnrs.fr

Auteur : Saman Musacchio

Paru sur CNRS Info, http://www.cnrs.fr/fr/news-list

Vous avez récemment pris vos fonctions en tant que directrice du bureau du CNRS à Rio de Janeiro, qui accompagne les activités de recherche de l’organisme sur l’ensemble des pays d’Amérique du Sud, aujourd’hui menacées par l’épidémie du COVID-19. Comment le Brésil vit-il la situation ?

La recherche, comme tous les autres domaines professionnels, subit de plein fouet les conséquences de la crise du COVID-19. Ainsi, les missions en Amérique du Sud sont suspendues et un grand nombre d’agents CNRS en détachement ont fait le choix d’un retour anticipé en France. Cependant, certains chercheurs – affectés dans un de nos International Research Laboratories (IRL), en mission de terrain longue durée, lauréats de chaires, etc. – ont préféré poursuivre leurs activités sur place. Nous restons particulièrement attentifs à leur situation et à l’évolution des événements sur le territoire. Depuis le 17 mars, suite aux mesures prises par le consulat de France à Rio et par le CNRS pour l’ensemble de ses services, notre bureau, composé de moi-même et de deux volontaires internationaux, fonctionne en télétravail.

À la différence d’autres pays d’Amérique latine, le Brésil a pris peu d’initiatives en amont car le gouvernement et le président, Jair Bolsonaro, minimisent la crise. Ce dernier est d’ailleurs ouvertement critiqué par une importante partie de la population qui lui manifeste sa désapprobation tous les soirs à 20 heures, aux fenêtres des immeubles, en tapant sur des casseroles et en criant : « Fora Bolsonaro ! » [Bolsonoro, va t’en !].

Le 24  mars,  le  Brésil  comptait  près  de 1 600 cas confirmés du virus et  25 dé cès — dont 22 dans le seul Etat de São Paulo, le plus touché. Évidemment, ces chiffres évoluent tous les jours. La ville et l’État de Rio, en revanche, ont pris ces derniers jours des mesures de plus en plus strictes (fermeture des écoles, réduction du temps d’ouverture des supermarchés, limitation des transports publics, fermeture des plages et des restaurants, etc.). Il est important de rappeler qu’une grande partie de la population de Rio vit dans des conditions précaires : surpopulation (30% des habitants de la ville vivent dans les favélas), pauvreté extrême, absence d’accès aux soins médicaux, auxquelles s’ajoutent des problèmes d’hygiène (coupures fréquentes et prolongées d’eau courante dans les zones les plus pauvres).

La favela de Rocinha à Rio de Janeiro, Brésil (Photo : Custódio Coimbra / Agência O Globo)

Qu’en est-il des autres pays de la région ?

Ils ont pris beaucoup plus au sérieux la menace du coronavirus. L’Argentine est le premier pays sud-américain à avoir imposé, le 20 mars, un confinement de sa population, avec 128 cas et 3 décès. Le Chili, qui avait déjà fermé ses frontières le 18 mars, a annoncé cinq jours

plus tard, le 23, un couvre-feu entre 22h et 5h. La Colombie est en confinement obligatoire depuis le 24, le Pérou depuis le 16, date à laquelle le pays a annulé tous les vols internationaux. Toutes ces mesures devraient permettre de limiter la propagation de l’épidémie. Mais elles ont également, bien sûr, compliqué le retour en France des chercheurs, car le CNRS est très présent dans la région

Quelle est l’implication du CNRS en Amérique latine ?

 À ce jour, le sous-continent compte 6 International  Research  Laboratories (IRL), outil phare de la coopération internationale du CNRS, qui se trouvent respectivement au Brésil (mathématiques), en Argentine (climat), au Chili (mathématiques,   astronomie,   biologie et  écologie  marine)  ainsi  que,  depuis fin 2019, en Uruguay (mathématiques). Mais les pays d’Amérique du Sud sont actifs dans tous les projets que le CNRS met à disposition des  partenaires  tels que les réseaux (8 IRN : 4 au Brésil, 1 en Argentine, 2 au Chili, 1 en Colombie), les projets bilatéraux (26 IRP : 11 au Brésil, 9 en Argentine, 4 au Chili, 1 en Uruguay, 1 en Colombie), les projets émergents (21 PICS : 7 au Brésil, 8 en Argentine, 4 au Chili, 1 en Colombie,1 au Pérou) et 8 IEA (3 au Brésil, 3 en Argentine et 2 au Chili). Tous les  instituts du CNRS sont présents dans ces projets. Certains chercheurs et chercheuses du CNRS bénéficient également d’une dizaine de projets cofinancés avec l’agence de soutien à la recherche de l’État brésilien de São Paulo (FAPESP) sélectionnés dans le cadre d’un appel bilatéral.

Dans tous ces projets, on retrouve toutes les disciplines de recherche allant de l’astronomie aux sciences sociales en passant par les sciences de l’environnement ou encore les mathématiques.

Mais en plus de ces « projets CNRS », les chercheurs bénéficient des programmes du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE) auquel le CNRS participe de manière importante, souvent d’ailleurs en cofinançant les opérations. C’est le cas des programmes régionaux comme STIC Am-

Sud (en Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication), MATH Amsud (en Mathématiques) – 17 projets cofinancés dans ces deux programmes cette année et, à partir de 2020, CLIMAT Amsud (sur les sciences de l’environnement, au sens large). Avec le Brésil en particulier, le CNRS s’est associé au programme GUYAMAZON (projets de recherche transfrontaliers entre la France et le Brésil en Amazonie). Les programmes bilatéraux du type Programme Hubert Curien viennent s’ajouter à cette liste. Les 5 premiers co-publiants de nos laboratoires en Amérique du Sud (1500 co-publications par an) sont l’ESO (European Southern Observatory – observatoire européen installé au Chili), l’Université de Sao Paulo (Brésil), le CONICET (Argentine), l’Université du Chili et l’Université Pontificale du Chili (Chili).

Comment maintenez vous le lien avec les agents sur place ainsi que la prise en charge de requêtes parfois très différentes ?

En adéquation avec les différentes mesures prises par le gouvernement français pour circonscrire la propagation de l’épidémie et face à la généralisation de la contamination à travers le monde, nous avons contacté l’ensemble des agents sur le territoire aux alentours du 16 mars. À cette date, environ 170 chercheurs se trouvaient en Amérique du Sud, devaient s’y rendre dans les jours suivants ou y avaient séjourné les jours précédents. Toutes les missions à venir ont été annulées. Si une majorité des chercheurs en mission courte ou longue durée ont préféré écourter leur séjour et  rentrer  en France, certains ont eu des difficultés à trouver des vols : en effet, au fur et à mesure que les pays sud-américains fermaient leurs frontières, certaines liaisons aériennes n’étaient plus assurées.

Olga Anokhina, Directrice du bureau du CNRS de Rio de Janeiro (Photo : Julia Holter)

Plusieurs agents se sont donc tournés vers nous pour tenter de débloquer la situation. Grâce à nos contacts privilégiés avec des postes diplomatiques que je tiens à remercier, nous avons pu les mettre en lien avec les personnels des différentes ambassades ou consulats, voire avec les contacts Air France des réseaux diplomatiques. Ce soutien local est précieux, tout comme celui de la cellule de crise du CNRS – et plus spécifiquement de Philippe Gasnot, fonctionnaire de Sécurité et de Défense, qui assure le suivi des cas les plus délicats, comme celui du navire océanographique l’Atalante avec 8 chercheurs à bord…

Qu’en est-il des International Research Laboratories et autres collaborations pendant cette crise ?

Compte tenu  des  mesures  restrictives, mises en place par tous les pays d’Amérique du Sud et par la France, qu’il s’agisse du confinement, de l’annulation des missions ou des fermetures de frontières, il est évident que la coopération est réduite ou, en tout cas, altérée pendant cette période particulière. Les responsables des IRL en Amérique du Sud signalent notamment des conséquences sur leurs activités telles que l’annulation des missions de chercheurs ou étudiants et la mise en place de systèmes de supervision des étudiants à distance, l’arrêt des observatoires chiliens (ESO, ALMA, LCO) et des programmes en cours, l’annulation d’un certain nombre de conférences et congrès, la modification des échéances pour les appels à projet, et la mise en suspens des expériences en laboratoire.

En ce qui concerne le fonctionnement quotidien, les réunions en mode visio-conférence et le télétravail sont de mise pour l’ensemble des personnels des laboratoires internationaux de notre zone, à l’exception de ceux qui exigent une continuité de service, comme par exemple le maintien des cultures d’algues, tant à Roscoff qu’à Santiago (IRL Biologie evolutive et ecologie des algues, Santiago de Chili/Roscoff). Pour les IRL comme l’Instituto Franco-Argentino para el Estudio del Clima  y  sus  Impactos – IFAECI (Argentine) ou encore le Laboratoire  Franco-Chilien   d’Astronomie LFCA (Chili), le télétravail a probablement un peu moins d’impact dans la mesure où les chercheurs peuvent se connecter aux serveurs de modélisation ou de calcul à distance. En outre, cette période de réclusion à domicile  est mise à profit par nombre d’entre eux pour avancer dans la rédaction d’articles scientifiques.

[:pt]Contato : Olga Anokhina – olga.anokhina@cnrs.fr

Autor : Saman Musacchio

Como o resto do mundo, a América do Sul não é vitima da pandemia de COVID-19, que afeta os vários projetos de pesquisa do CNRS no continente. Analise da situação com Olga Anokhina, diretora do escritório do CNRS na América do Sul, sediado no Rio de Janeiro.

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Publicado no CNRS Info, http://www.cnrs.fr/fr/news-list

Você assumiu recentemente o cargo de Diretora do escritório do CNRS no Rio de Janeiro, que acompanha as atividades de pesquisa do centro em todos os países da América do Sul, que estão agora ameaçados pela epidemia da COVID-19. Como o Brasil está lidando com a situação?

A pesquisa cientifica, como todas as áreas profissionais, está sendo fortemente atingida pelas consequências da crise da COVID-19. As missões na América do Sul foram suspensas e muitos funcionários do CNRS com contrato de deslocamento decidiram retornar à França de forma antecipada. Entretanto, alguns pesquisadores – em nossos Laboratórios Internacionais de Pesquisa (IRL), em missões de campo de longo prazo, ou titulares de cátedras, etc. – optaram por continuar suas atividades. Estamos particularmente atentos à sua situação e à evolução dos acontecimentos no país. Seguindo as medidas tomadas pelo Consulado da França no Rio e pelo CNRS para todos os seus serviços, os dois voluntários internacionais do nosso escritório e eu, trabalhamos à distância desde 17 de março.

Ao contrário de outros países do continente, o Brasil tem tomado poucas iniciativas preventivas porque o governo e o presidente, Jair Bolsonaro, minimizam a crise. E por isso, ele é abertamente criticado por uma grande parte da população que expressa a sua desaprovação todas as noites às 20h, nas janelas dos prédios com panelaço e gritando: “Fora Bolsonaro!”

Até 24 de março, o Brasil tinha cerca de 1.600 casos confirmados e 25 mortes – 22 somente no estado de São Paulo, o mais afetado. É claro que esses números mudam a cada dia. Por outro lado, nos últimos dias, a cidade e o estado do Rio têm tomado medidas cada vez mais rigorosas (fechamento das escolas, redução do horário de abertura dos supermercados, redução do transporte público, fechamento das praias e dos restaurantes, etc.). É importante lembrar que grande parte da população do Rio vive em condições precárias: superpopulação (30% dos habitantes vivem em favelas), pobreza extrema, falta de acesso aos cuidados médicos, somados a problemas de higiene (cortes de água frequentes e prolongados nas áreas mais pobres).

A favela de Rocinha no Rio de Janeiro, Brasil (Foto : Custódio Coimbra / Agência O Globo)

E em relação aos outros países da região?

Eles levaram a ameaça do coronavírus muito mais a sério. A Argentina foi o primeiro país sul-americano a impor o confinamento da sua população no dia 20 de março, com 128 casos e 3 mortes. No dia 18 de março, o Chile fechou suas fronteiras e cinco dias depois, anunciou um toque de recolher entre 22h e 5h. A Colômbia está sob confinamento obrigatório desde o dia 24 e o Peru desde o dia 16, quando o país cancelou todos os voos internacionais. Todas essas medidas devem ajudar a limitar a propagação da epidemia, mas obviamente, também dificultaram o retorno dos pesquisadores à França, já que o CNRS está muito presente na região.

 Qual é o envolvimento do CNRS na América Latina?

Até hoje, o subcontinente conta com 6 Laboratórios Internacionais de Pesquisa (IRL), dispositivo emblemática da cooperação internacional do CNRS, localizados respectivamente no Brasil (matemática), na Argentina (clima), no Chile (matemática, astronomia, biologia marinha e ecologia) e, desde o final de 2019, no Uruguai (matemática). Porém, os países sul-americanos estão ativos em todos os projetos que o CNRS coloca à disposição de parceiros como as redes (8 IRNs: 4 no Brasil, 1 na Argentina, 2 no Chile e 1 na Colômbia), os projetos bilaterais (26 IRPs: 11 no Brasil, 9 na Argentina, 4 no Chile, 1 no Uruguai 1 na Colômbia), os projetos emergentes (21 PICS: 7 no Brasil, 8 na Argentina, 4 no Chile, 1 na Colômbia, 1 no Peru) e 8 IEAs (3 no Brasil, 3 na Argentina e 2 no Chile). Todos os institutos do CNRS estão presentes nestes projetos. Alguns pesquisadores do CNRS também beneficiam de cerca de dez projetos cofinanciados com a agência de apoio à pesquisa do Estado de São Paulo (FAPESP), selecionados através de uma chamada bilateral para projetos.

Todas as disciplinas de pesquisa estão presentes em todos esses projetos, como a astronomia, as ciências sociais, as ciências ambientais ou a matemática.

Mas além desses “projetos do CNRS”, os pesquisadores beneficiam dos programas do Ministério da Europa e dos Negócios Estrangeiros (MEAE), nos quais o CNRS desempenha um papel importante, muitas vezes cofinanciando as operações. Os programas regionais STIC AmSud (em Ciências e Tecnologias da Informação e da Comunicação), MATH Amsud (em Matemática) – 17 projetos cofinanciados nestes dois programas este ano – e, a partir de 2020, CLIMAT Amsud (em Ciências Ambientais, no sentido amplo), são alguns exemplos. Com o Brasil especificamente, o CNRS se juntou ao programa GUYAMAZON (projetos de pesquisa transfronteiriça entre a França e o Brasil na Amazônia). Programas bilaterais do tipo do Programa Hubert Curien, completam essa lista. Os 5 principais co-editores dos nossos laboratórios na América do Sul (1.500 coedições por ano) são o ESO (European Southern Observatory – observatório europeu instalado no Chile), a Universidade de São Paulo (Brasil), o CONICET (Argentina), a Universidade do Chile e a Pontifícia Universidade do Chile (Chile).

 Como você consegue ficar em contato com os funcionários, e responder as demandas muito diferentes?

Em linha com as varias medidas tomadas pelo governo francês para conter a propagação da epidemia e considerando a contaminação generalizada no mundo inteiro, contatamos todos os funcionários no território por volta do dia 16 de março. Nessa data, cerca de 170 pesquisadores estavam na América do Sul, deveriam viajar para lá nos dias seguintes ou haviam ficado lá nos dias anteriores. Todas as missões futuras foram canceladas. Enquanto a maioria dos pesquisadores em missões de curto ou longo prazo preferiu reduzir sua estadia e retornar à França, alguns tiveram dificuldade em encontrar voos: como os países sul-americanos estavam fechando suas fronteiras, alguns voos já não estavam disponíveis.

Olga Anokhina, Diretora do escritório do CNRS no Rio de Janeiro (Foto : Julia Holter)

Então vários funcionários nos contataram para tentar desbloquear a situação. Graças aos nossos contatos privilegiados com as representações diplomáticas, a quem gostaria de agradecer, conseguimos colocá-los em contato com o pessoal das diferentes embaixadas e consulados, e até mesmo com os da Air France nas redes diplomáticas. Este apoio local é inestimável, assim como o da unidade de crise do CNRS – e mais especificamente Philippe Gasnot, funcionário público de Segurança e Defesa, que acompanha os casos mais delicados, como o do navio oceanográfico Atalante com 8 pesquisadores a bordo …

 E os Laboratórios Internacionais de Pesquisa e outras colaborações durante esta crise?

Levando em consideração as medidas restritivas tomadas por todos os países da América do Sul e pela França, seja o confinamento, o cancelamento das missões ou o fechamento de fronteiras, é obvio que a cooperação está reduzida ou, no mínimo, alterada durante esse período singular. Os responsáveis dos IRL na América do Sul relatam consequências em suas atividades, como o cancelamento de missões de pesquisadores ou de estudantes, e a implementação de sistemas de supervisão a distância dos estudantes, a suspensão das operações dos observatórios chilenos (ESO, ALMA, LCO) e dos programas em andamento, o cancelamento de vários congressos e conferências, a modificação dos prazos das chamadas de projetos e a suspensão dos experimentos em laboratório.

Em relação ao funcionamento diário, reuniões de videoconferência e o trabalho a distância são a norma para todas as equipes dos laboratórios internacionais do continente, exceto para aqueles que requerem uma continuidade de serviço, como a manutenção das culturas de algas, tanto em Roscoff como em Santiago (IRL Biologia evolutiva e ecologia das algas, Santiago do Chile/Roscoff). Para os IRL como o Instituto Franco-Argentino para o Estudo do Clima e seus Impactos – IFAECI (Argentina) ou o Laboratório Franco-Chileno para a Astronomia – LFCA (Chile), o trabalho a distância provavelmente tem um impacto um pouco menor, já que os pesquisadores podem se conectar aos servidores de modelagem ou de cálculo a distância. Além disso, muitos deles utilizam esse período de confinamento em casa para avançar na redação de artigos científicos.

[:es]Contacto : Olga Anokhina – olga.anokhina@cnrs.fr

Autor : Saman Musacchio

Al igual que el resto del mundo, América del Sur no está exenta de los efectos de la pandemia de COVID-19 que afecta actualmente a muchos de los proyectos de investigación del CNRS en el continente. Conversamos con Olga Anokhina, directora de la oficina del CNRS en Sudamérica, con sede en Río de Janeiro, Brasil. (Entrevista publicada en su integridad en CNRS Info: http://www.cnrs.fr/fr/news-list)

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Publicado en CNRS Info, http://www.cnrs.fr/fr/news-list

Recientemente ha asumido su cargo como directora de la oficina del CNRS en Río de Janeiro, que acompaña las actividades de investigación del organismo en todos los países de América del Sur, ahora afectados por la pandemia de COVID-19. ¿Cómo se está viviendo esta situación en Brasil?

La investigación, como todos los demás campos profesionales, se ha visto gravemente afectada por las consecuencias de la crisis del COVID-19. Se han suspendido las misiones en América del Sur y muchos funcionarios del CNRS que estaban trabajando en el exterior han optado por regresar a Francia. Sin embargo, algunos investigadores —que se encuentran trabajando en alguno de los Laboratorios de Investigación Internacional (IRL, por sus siglas en inglés), o en misiones de campo a largo plazo, o que son titulares de cátedras, etc.— han preferido continuar sus actividades in situ. Seguimos particularmente atentos a su situación y al desarrollo de los acontecimientos en Brasil. Desde el 17 de marzo, tras las medidas tomadas por el consulado francés en Río y por el CNRS para todos sus servicios, nuestra oficina, compuesta por mí y dos voluntarios internacionales, está operando bajo la modalidad de teletrabajo.

A diferencia de otros países de América Latina, Brasil ha tomado pocas iniciativas en la fase inicial de la crisis porque el gobierno y el presidente, Jair Bolsonaro, le restan importancia a la situación. Además, Bolsonaro es criticado abiertamente por una gran parte de la población, que le expresa su desaprobación todas las tardes a las 20 horas, en las ventanas de los edificios, golpeando ollas y sartenes y gritando: “¡Fora Bolsonaro!” [¡Fuera Bolsonaro!].

Al 24 de marzo, en Brasil había casi 1.600 casos confirmados de COVID-19 y 25 muertes, 22 sólo en el estado más afectado, São Paulo. Por supuesto, estos números cambian cada día. Por otra parte, la ciudad y el estado de Río han tomado medidas cada vez más estrictas (cierre de escuelas, reducción del horario de apertura de los supermercados, limitación del transporte público, cierre de playas y restaurantes, etc.). Es importante recordar que una gran parte de la población de Río vive en condiciones precarias: superpoblación (30 % de los habitantes de la ciudad vive en las favelas), pobreza extrema, falta de acceso a la atención médica, a lo que se suman problemas de higiene (cortes frecuentes y prolongados del agua corriente en las zonas más pobres, por ejemplo).

La favela Rocinha en Río de Janeiro, Brasil (Foto : Custódio Coimbra / Agência O Globo)

¿Qué sucede en los demás países de la región?

Se tomaron la crisis del coronavirus mucho más en serio. La Argentina fue el primer país de América del Sur en imponer medidas de confinamiento de la población el 20 de marzo, con 128 casos y 3 muertes a esa fecha. Chile, que ya había cerrado sus fronteras el 18 de marzo, anunció un toque de queda entre las 22 y las 5 horas cinco días después, el 23 de marzo. En Colombia rige el confinamiento obligatorio desde el 24; en Perú, desde el 16, cuando el país canceló todos los vuelos internacionales. Todas estas medidas deberían contribuir a limitar la propagación de la pandemia. Pero también, por supuesto, han dificultado el regreso de los investigadores a Francia, ya que el CNRS tiene una fuerte presencia en la región.

¿Cuál es la participación del CNRS en América Latina?

Hasta la fecha, el subcontinente cuenta con 6 Laboratorios de Investigación Internacional (IRL), una herramienta emblemática de la cooperación internacional del CNRS, ubicados en Brasil (matemáticas), Argentina (ciencias del clima), Chile (matemáticas, astronomía, biología marina y ecología) y, desde finales de 2019, en Uruguay (matemáticas). Los países de América del Sur participan activamente en todos los proyectos que el CNRS pone a disposición de los asociados, como las redes (8 IRN: 4 en Brasil, 1 en Argentina, 2 en Chile y 1 en Colombia); los proyectos bilaterales (26 IRP: 11 en Brasil, 9 en Argentina, 4 en Chile, 1 en Uruguay, 1 en Colombia); los proyectos emergentes (21 PICS: 7 en Brasil, 8 en Argentina, 4 en Chile, 1 en Colombia, 1 en Perú) y 8 IEA (3 en Brasil, 3 en Argentina y 2 en Chile). Todos los institutos del CNRS participan en estos proyectos. Algunos investigadores del CNRS también se benefician de unos diez proyectos cofinanciados con la agencia de apoyo a la investigación del Estado brasileño de São Paulo (FAPESP) seleccionados a través de una convocatoria bilateral.

Estos proyectos abarcan todas las disciplinas de investigación que van desde la astronomía a las ciencias sociales, las ciencias ambientales y las matemáticas.

Pero además de estos “proyectos del CNRS”, los investigadores se benefician de los programas del Ministerio de Europa y Asuntos Exteriores (MEAE), en los que el CNRS desempeña un papel importante, a menudo, a través del cofinanciamiento. Este es el caso de programas regionales como STIC AmSud (ciencias y tecnologías de la información y la comunicación), MATH Amsud (matemáticas) —17 proyectos cofinanciados en estos dos programas este año— y, a partir de 2020, CLIMAT Amsud (ciencias medioambientales, en sentido amplio). Con Brasil en particular, el CNRS se ha incorporado al programa GUYAMAZON (proyectos de investigación transfronterizos entre Francia y Brasil en la Amazonia). Además, se han sumado a esta larga lista programas bilaterales como el Programa Hubert Curien. Los primeros 5 coeditores de nuestros laboratorios en América del Sur (1.500 coediciones por año) son ESO (Observatorio Europeo Austral – Observatorio Europeo con sede en Chile), la Universidad de São Paulo (Brasil), el CONICET (Argentina), la Universidad de Chile y la Universidad Pontificia de Chile (Chile).

¿Cómo mantiene el contacto con los agentes en el territorio y cómo gestiona demandas a veces muy disímiles?

En consonancia con las diversas medidas adoptadas por el gobierno francés para contener la propagación de la pandemia y en vistas de la contaminación generalizada en todo el mundo, nos pusimos en contacto con todos los agentes en el territorio el 16 de marzo. En ese momento, había aproximadamente 170 investigadores en América del Sur, o tenían previsto viajar allí en los días siguientes o habían permanecido allí en los días previos. Todas las misiones posteriores fueron canceladas. Si bien la mayoría de los investigadores en misiones de corta o larga duración preferían acortar su estancia y regresar a Francia, algunos tenían dificultades para encontrar vuelos: al cerrarse las fronteras de muchos países de América del Sur, algunos enlaces aéreos dejaron de existir.

Olga Anokhina, directora de la oficina del CNRS en Río de Janeiro (Foto : Julia Holter)

Por lo tanto, muchos investigadores se dirigieron a nosotros para solucionar la situación. Gracias a nuestros contactos privilegiados con los organismos diplomáticos, a quienes quiero agradecer especialmente, hemos podido poner en contacto a los investigadores con el personal de las distintas embajadas o consulados, incluso con los contactos de Air France de las redes diplomáticas. Este apoyo local es inestimable, al igual que el de la unidad de crisis del CNRS y, más concretamente, el de Philippe Gasnot, funcionario de Seguridad y Defensa, que hace un seguimiento de los casos más delicados, como el del buque oceanográfico L’Atalante, que cuenta con 8 investigadores a bordo.

¿Qué sucede con los Laboratorios de Investigación Internacional (IRL) y otras colaboraciones similares durante esta crisis?

Habida cuenta de las medidas restrictivas aplicadas por todos los países de América del Sur y por Francia, ya sea en materia de confinamiento, cancelación de misiones o cierre de fronteras, es evidente que la cooperación se está reduciendo o, en todo caso, modificando durante este período. Los funcionarios de los IRL en América del Sur informan regularmente sobre las consecuencias de la crisis en sus actividades, como la cancelación de las misiones de los investigadores o estudiantes y la aplicación de sistemas de supervisión de estudiantes a distancia, el cierre de los observatorios chilenos (ESO, ALMA, LCO) y de los programas en curso, la cancelación de varias conferencias y congresos, la modificación de los plazos de las convocatorias de propuestas y la suspensión de los experimentos de laboratorio.

En cuanto a las operaciones diarias, las reuniones por videoconferencia y el teletrabajo son la norma para todo el personal de los laboratorios internacionales de nuestra zona, excepto para aquellos que requieren continuidad de servicio, como el mantenimiento de los cultivos de algas, tanto en Roscoff como en Santiago (IRL Biología Evolutiva y Ecología de las Algas, Santiago de Chile/Roscoff). Para otros laboratorios como el Instituto Franco-Argentino sobre Estudios del Clima y sus Impactos-IFAECI (Argentina) o el Laboratoire Franco-Chilien d’Astronomie-LFCA (Chile), el teletrabajo probablemente tiene un impacto ligeramente menor ya que los investigadores pueden conectarse a servidores de modelado o de computación a distancia. Además, este período de confinamiento en casa es utilizado por muchos de los investigadores para avanzar en la escritura de artículos científicos.

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