[:fr]L’Archéologie française en Méso-Amérique et en Amérique du Sud[:pt]A arqueologia francesa na Mesoamérica e na América do Sul[:es]Arqueología francesa en Mesoamérica y América del Sur [:]

[:fr]Contact : Eric Boëda – boeda.eric@gmail.com

Président de la sous-commission Amériques
Pôle SHS, de l’Archéologie et du Patrimoine – MEAE

Historiquement, l’archéologie pour le monde Américain s’est en priorité portée sur les civilisations meso-américaines dès le XIXe siècle avec les découvertes des grands sites comme celui de Palenque, de Xochicalco ou encore celui de Tenochtitlan, important centre cérémoniel à Mexico. S’en est suivi la création de la Sociétés des Américanistes, puis plus tard la création du Centre d’études  mexicaines et centraméricaines (CEMCA https:// cemca.org.mx/fr/). Le champ de recherche de ces centres s’étend bien au-delà de l’archéologie, en incluant également l’anthropologie, l’histoire, la géographie, la sociologie et bien d’autres domaines qui s’inscrivent dans le cadre de coopérations multiples et de création de réseaux.

Dans le cadre de la sous-commission Amériques, la Méso-amérique  reste un lieu central par l’importance et le nombre de missions qui s’y déroulent depuis, dans certains cas, plus d’une vingtaine d’années. Si le Mexique occupe une place privilégiée dans cette recherche avec Rio Bec, le grand site Maya situé dans le sud de l’État de Campeche, le Guatemala est indissociable de l’archéologie française méso-américaine grâce à Naachtun, un autre site Maya situé dans le nord du pays.

Figure 1 : Río Bec (Campeche, Mexique), un site des basses terres mayas classiques (700-900 apr. J.-C.), connu pour son architecture monumentale exceptionnelle aux façades très décorées. (Photo : Eva Lemonnier)

Ces grandes missions forment la base de la coopération et de la diplomatie scientifique en Amérique centrale. Au-delà de la compréhension de l’organisation sociale que permet l’étude de ces grands sites, l’emploi de nouvelle technologie comme le LiDAR (laser aéroporté qui traverse la canopée et permet d’obtenir un modèle numérique en élévation du sol et des vestiges qui le recouvrent) permet ainsi de travailler sur des espaces

beaucoup plus grands et d’aborder les zones dites rurales. C’est grâce à ces nouveaux outils qu’on a découvert que l’habitat du monde Maya était bien plus dense, que ces zones rurales bien plus peuplées qu’on ne le pensait (figure 2) et qu’il s’agissait d’une civilisation complexe qui maîtrisait ses ressources en façonnant son paysage (chaussées interconnectant centres de pouvoir et centres subordonnées, canaux, terrasses agricoles, etc.) (figure 3).

Toutes ces nouvelles missions archéologiques sont par ailleurs en phase avec une approche environnementale pour mieux comprendre les dynamiques spatiales et les modes d’occupation des territoires. Ces études, en marge de la géographie culturelle et de l’ethnologie, permettent de mieux rendre compte du foisonnement de cités et de civilisations qui ont éclos puis disparu, bien avant la conquête espagnole.

Figure : 2. Couverture LiDAR de 135km² représentant une partie de l’hinterland (ou territoire de subsistance) de la cité maya de Naachtun, Guatemala. (Photo : Fondation Pacunam/Projet Naachtun)

Lorsque l’on quitte les missions du monde méso-américain, et que  l’on se déplace dans le monde andin, on constate là encore que la France joue un rôle institutionnel important, notamment grâce à l’Institut français d’études andines (IFEA), qui en son temps a contribué au développement de la recherche archéologique. Son domaine d’influence est centré sur le Pérou, la Bolivie, la Colombie et l’Équateur. La spécificité de la recherche archéologique du monde andin tient à ce qu’elle s’est intéressée principalement aux occupations antérieures à l’Empire Inca et rarement à cet empire constitué. Les recherches ont donc porté sur un grand nombre de sociétés, dont les plus tardives furent par la suite absorbées (i.e. synthétisées) par le monde inca. Nous dirions que la recherche andine s’intéresse aux phénomènes culturels qui étaient à la base du monde inca et d’une profonde tradition andine : technologie lithique des premiers chasseurs-cueilleurs, domestication des animaux, des stratégies de pêche, technologies de construction architecturale pré et post-développement urbain, schémas d’occupation territoriale, entre autres. On note cette orientation dans les problématiques des missions qui traitent des phénomènes culturels, à la fois de la période dite Précéramique (entre 17 et 3500 BP) et post-Précéramique en questionnant le rapport de l’homme à son environnement, tant dans le milieu désertique de la côte péruvienne que dans l’altiplano péruvien-bolivien, voire une archéologie des paysages comme en Équateur. Signalons qu’il y a encore quelques années la préhistoire était un des  domaines de recherche substantiel du monde andin. Ce n’est plus le cas pour des raisons diverses : conflits armés internes, contextes sociopolitiques défavorables à la recherche scientifique étrangère, comme les dictatures latino-américaines des années 60 et 70) ou encore un manque d’harmonisation [dans les politiques] des institutions nationales responsables de l’archéologie, amenant à une carence de jeunes chercheurs capables de prendre la relève de grandes missions géopolitiquement importantes.


Figure : 3. Mausolées incas (XV
e siècle) de la région du Lauca dans l’espace frontalier Bolivie-Chili (Photo : Thibault Saintenoy)

Intéressons-nous maintenant  au reste de l’Amérique du sud, soit plus des ¾ de sa surface. L’historique de la recherche de ces vastes contrées qui regroupe le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et le Chili est bien différente de celle que nous avons vue précédemment. La première observation que l’on puisse faire est l’absence d’un Institut Français regroupant ces pays. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de missions archéologiques, puisque l’on pouvait en dénombrer deux dans les années 90 (Brésil et Chili). Contrairement au monde andin (principalement Andes centrales), ces territoires ne possèdent pas une culture matérielle riche de construction monumentale. Ce fait a certainement joué dans l’intérêt porté à ces régions et aux périodes archéologiques étudiées. Mais cette absence institutionnelle ne signifie aucunement une absence d’intérêt de la part du MEAE, puisque nous dénombrons actuellement 6 missions archéologiques réparties principalement au Brésil) (3), en Argentine (2) et au Chili (1).

Figure : 4. Site pléistocène de Cacao (La Puna salé, Argentine) (Photo : Eric Boëda)

La spécificité de ces 6 missions  tient à  l’ancienneté  des  périodes   qu’elles traitent, antérieure à 4 000 ans, et aux caractéristiques de leurs vestiges (lithiques et organiques) (figure 3). Trois des missions s’attèlent à la mise en évidence des premiers peuplements d’Amérique du sud. Or, le domaine de la préhistoire américaine dans son ensemble est actuellement celui qui est le plus animé avec des débats d’idées souvent en contradiction. L’apport essentiel de la France dans ce domaine est d’une part son expertise, mais aussi les moyens financiers et investissement à long terme. Cela a permis de produire une somme considérable de données factuelles incontestables, qui a bouleversé la vision scientifique locale et internationale de cette zone. Ainsi, les données brésiliennes et argentines attestent d’occupations humaines à 4000m d’altitude d’au moins 40 000 ans (figure 4).

Suite à ces avancées, la plupart des missions    s’intéressent    également à l’analyse du phénomène de peuplement (figure 5), à la recherche d’identités culturelles, ainsi qu’aux chemins et au tempo migratoires. Le tout en corrélation avec les grands évènements climatiques qui ont profondément marqué l’accessibilité du continent nord-américain depuis l’Asie.

Dans le bilan des activités de cette sous-commission, nous voudrions souligner que les travaux en Amérique du nord (3 missions) restent hélas encore peu nombreux et sont pratiquement inexistants dans les Caraïbes.

Figure 5. Peinture rupestre, Capivara parc, Piauí, Brésil (Photo : Eric Boëda)

La force de la présence française dans le domaine de l’archéologie tient au maintien d’équilibre subtil qui s’appuie sur l’histoire des pays avec lesquels nous collaborons (figure 6) et bien évidemment sur les structures  en place. Depuis plus de 70 ans, la commission des fouilles et, en particulier, celle des Amériques qui est plus jeune peut se targuer du maintien et/ou de l’élargissement d’un réseau scientifique qui place les scientifiques français au rang international du fait de leurs engagements et leurs thématiques de recherche. Ce tableau possède cependant une face cachée moins heureuse : il s’agit du problème du renouvellement générationnel et de l’absence d’une politique de recrutement interinstitutionnel coordonnée, essentiels pour maintenir l’influence scientifique française dans ce domaine de recherche.

La préhistoire américaine est encore jeune. La France a incontestablement contribué à sa construction et continuera à contribuer à son progrès dans l’avenir, à travers un travail constant et solidaire avec les instituts de recherche locaux.

Figure 6. Site de Alero de las Cruces, Barrancas, Province de Jujuy. 3700 alt.(Argentine) (Photo : Humberto Mamani)

[:pt]Contato : Eric Boëda – boeda.eric@gmail.com

Presidente do Sub-Comitê das Américas
Cluster SHS, Arqueologia e Patrimônio – MEAE

A Arqueologia contribui para a influência da França no mundo de forma estruturada e centralizada desde 1948. É organizada pela Comissão consultiva de pesquisa arqueológica no exterior, mais conhecida como “Commission des fouilles”, sob a direção do Ministério da Europa e dos Negócios Estrangeiros (MEAE). Existe uma subcomissão para cada uma das 5 divisões geográficas, incluindo a comissão “Américas”. Essa conta com 22 missões arqueológicas: 3 na América do Norte, 4 na América Central e 15 na América do Sul. O âmbito cronológico é amplo, desde os primeiros assentamentos americanos até a arqueologia contemporânea pós-contato colonial.

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Historicamente, a arqueologia para o mundo americano se concentrou principalmente nas civilizações mesoamericanas desde o século XIX com as descobertas dos grandes sítios como Palenque, Xochicalco ou Tenochtitlan, um importante centro cerimonial na Cidade do México. Depois foi criada a Sociedade dos Americanistas, e posteriormente o Centro de Estudos Mexicanos e Centro-Americanos (CEMCA https://cemca.org.mx/fr/). O campo de pesquisa destes centros abrange muito mais que a arqueologia, incluindo também antropologia, história, geografia, sociologia e muitos outros campos que fazem parte de múltiplas cooperações e criação de redes.

No âmbito da subcomissão sobre as Américas, a Mesoamérica continua sendo uma região importante devido à relevância e ao número de missões realizadas lá, algumas delas por mais de vinte anos. Se o México tem um lugar privilegiado na pesquisa com o Rio Bec, o grande sítio Maia localizado no sul do Estado de Campeche, a Guatemala é inseparável da arqueologia francesa na Mesoamérica graças a Naachtun, outro sítio Maia localizado no norte do país.

Imagem 1: Rio Bec (Campeche, México), um sitio na planície Maia Clássica (700-900 d.C.), conhecido por sua excepcional arquitetura monumental com fachadas altamente decoradas. (Foto : Eva Lemonnier)

Essas grandes missões formam a base da cooperação e da diplomacia científica na América Central. Além da compreensão da organização social que o estudo desses grandes sítios permite, o uso de novas tecnologias como o LiDAR (um laser aéreo que atravessa o dossel e fornece um modelo digital da elevação do solo e dos restos que o cobrem) possibilita trabalhar em áreas maiores e se aproximar das áreas rurais. Graças a essas novas ferramentas foi possível descobrir, ao contrario do que se pensava anteriormente, que o habitat do mundo Maia era muito mais denso e que as suas áreas rurais eram mais densamente povoadas (imagem 2), e que era uma civilização complexa que controlava seus recursos, moldando sua paisagem (estradas interligando centros de poder e centros subordinados, canais, terraços agrícolas, etc.) (imagem 3).

Todas essas novas missões arqueológicas também vão de acordo com uma abordagem ambiental para entender melhor as dinâmicas espaciais e os modos de ocupação do território. Graças a esses estudos, associando geografia cultural e etnologia, e possível explicar melhor a abundância de cidades e civilizações que nasceram e depois desapareceram, muito antes da conquista espanhola.

Imagem 2: Cobertura LiDAR de 135 km² representando parte do interior (ou território de subsistência) da cidade maia de Naachtun, Guatemala. (Foto : Fondation Pacunam/Projet Naachtun)

Deixando as missões de pesquisa em território mesoamericano e indo para o mundo andino, mais uma vez, fica claro que a França desempenha um importante papel institucional, particularmente através do Instituto francês de estudos andinos (IFEA), que em seu tempo contribuiu para o desenvolvimento da pesquisa arqueológica. Sua esfera de influência está focada no Peru, Bolívia, Colômbia e Equador. A especificidade da pesquisa arqueológica no mundo andino vem do fato de que ela se concentrou principalmente em sítios anteriores ao Império Inca e raramente ao império constituído. Portanto, a pesquisa focalizou em um grande número de sociedades, as mais antigas sendo posteriormente absorvidas (ou seja, sintetizadas) pelo mundo Inca. Poderia se dizer que a pesquisa andina estuda os fenômenos culturais que constituíram a base do mundo Inca e de uma profunda tradição andina: tecnologia lítica dos primeiros caçadores-coletores, domesticação de animais, estratégias de pesca, tecnologias de construção arquitetônica pré- e pós- desenvolvimento urbano, padrões de ocupação territorial, entre outros. Essa orientação pode ser vista nos temas das missões que analisam os fenômenos culturais, tanto do período chamado Pré-cerâmica (entre 17 e 3500 AP) como pós-Pré-cerâmica, questionando a relação do homem com seu meio ambiente, tanto no deserto do litoral peruano como no altiplano peruano-boliviano, e até mesmo a arqueologia paisagística no Equador. Se esquecer, que, até alguns anos atrás a pré-história era uma das principais áreas de pesquisa do mundo andino. Isso mudou por vários motivos: conflitos armados internos, contextos sociopolíticos desfavoráveis à pesquisa científica estrangeira (como as ditaduras na América do Sul nos anos 60 e 70) ou falta de harmonização [nas políticas] das instituições nacionais responsáveis da arqueologia, levando a uma redução do número de jovens pesquisadores aptos a assumir grandes missões geopolíticas importantes.


Imagem 3: Mausoléus incas (século XV) da região de Lauca na região fronteiriça Bolívia-Chile (Foto : Thibault Saintenoy)

Agora vamos dar uma olhada no resto da América do Sul, ou seja mais do ¾ da sua superfície. A história da pesquisa nessas regiões extensas, que incluem o Brasil, o Uruguai, o Paraguai, a Argentina e o Chile, é bem diferente do que vimos precedentemente. A primeira observação que pode ser feita é a ausência de um instituto Francês reunindo esses países. Isto não significa que não houve missões arqueológicas, já que duas ocorreram na década de 1990 (Brasil e Chile). Mas, ao contrário do mundo andino (principalmente os Andes centrais), esses territórios não possuem uma cultura material rica em construção monumental. Isso certamente foi um fator do interesse por estas regiões e pelos períodos arqueológicos estudados. Essa ausência institucional, no entanto, não significa de forma alguma uma falta de interesse por parte do MEAE, já que existem atualmente 6 missões arqueológicas, principalmente no Brasil (3), na Argentina (2) e no Chile (1).

Imagem 4: Sítio pleistoceno de Cacau (La Puna salé, Argentina) (Foto : Eric Boëda)

A especificidade dessas 6 missões vem dos períodos estudados, anteriores a 4.000 anos, e das características de seus vestígios (líticos e orgânicos) (Imagem 3). Três das missões têm como objetivo evidenciar os primeiros assentamentos na América do Sul. No entanto, o campo da pré-história americana em geral é atualmente o mais ativo, com debates de ideias muitas vezes contraditórios. A França contribui de forma essencial nesse campo com a sua expertise, mas também com seus recursos financeiros e investimentos de longo prazo, possibilitando a produção de uma quantidade considerável de dados factuais incontestáveis, transformando a visão científica local e internacional dessa região. Por exemplo, dados brasileiros e argentinos atestam a ocupação humana em altitudes de 4.000 m há pelo menos 40.000 anos (Imagem 4).

Como resultado desses avanços, a maioria das missões também está interessada em analisar o fenômeno de povoamento (Imagem 5), a busca de identidades culturais, os caminhos e os tempos migratórios. Tudo isso está em correlação com os grandes eventos climáticos que marcaram profundamente a acessibilidade do continente norte-americano a partir da Ásia.

Relatando as atividades desta subcomissão, gostaríamos de ressaltar que, infelizmente, os trabalhos na América do Norte (3 missões) ainda são raros e praticamente inexistentes no Caribe.

Imagem 5: Pintura rupestre, Parque Nacional Serra da Capivara, Piauí, Brasil (Foto : Eric Boëda)

A França tem uma forte presença no campo da arqueologia porque consegue manter um equilíbrio sutil baseado na história dos países com os quais colaboramos (Imagem 6) e, obviamente, nas estruturas existentes. Há mais de 70 anos, a Commission des fouilles, e em particular, a mais jovem subcomissão, a das Américas, pode ter orgulho de manter e expandir uma rede científica que coloca os cientistas franceses no plano internacional por causa de seus compromissos e temas de pesquisa. Porém, há um lado menos feliz neste quadro: o problema da renovação geracional e a falta de uma política de recrutamento interinstitucional coordenada, essenciais para manter a influência científica francesa neste campo de pesquisa.

A pré-história americana ainda é jovem. Sem nenhuma duvida, a França participou na sua construção e continuará a contribuir para o seu progresso no futuro, com um trabalho constante e solidário com os institutos de pesquisa locais.

Imagem 6: Sitio de Alero de las Cruces, Barrancas, Província de Jujuy. 3700 alt. (Argentina) (Foto : Humberto Mamani)

[:es]Contacto : Eric Boëda – boeda.eric@gmail.com

Presidente del Subcomité de las Américas
Grupo SHS de Arqueología y Patrimonio – MEAE

La arqueología ha contribuido a la proyección internacional de Francia de manera estructurada y centralizada desde 1948, gracias a la Comisión Consultiva para la Investigación Arqueológica en el Extranjero, más conocida como la “Comisión de Excavaciones”, bajo la dirección del Ministerio de Europa y Asuntos Exteriores (MEAE). Hay cinco subcomisiones que corresponden a una división geográfica, dentro de las cuales está la comisión “América”. Esta comisión comprende 22 misiones arqueológicas: 3 para América del Norte, 4 para América Central y 15 para América del Sur. El alcance cronológico de estas misiones es amplio y se extiende desde los primeros asentamientos americanos hasta la arqueología contemporánea.

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Históricamente, la arqueología del mundo americano se ha centrado en el estudio de las civilizaciones mesoamericanas, en particular a partir de los descubrimientos de grandes sitios arqueológicos en el siglo XIX, como Palenque, Xochicalco y Tenochtitlan, un importante centro ceremonial en la Ciudad de México. Luego se creó la Sociedad de Americanistas y, más tarde, el Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos (CEMCA https://cemca.org.mx/fr/). El campo disciplinar de estas instituciones se extiende más allá de la arqueología e incluye también a la antropología, la historia, la geografía, la sociología y muchas otras especialidades que se inscriben en un marco de cooperación y de redes de investigación.

Dentro de la subcomisión “América”, Mesoamérica sigue siendo una región privilegiada debido a la importancia y la cantidad de misiones que allí se desarrollan desde hace, en algunos casos, más de veinte años. En México ocupa un lugar destacado Río Bec, el gran yacimiento maya situado al sur del estado de Campeche. Guatemala, por su parte, está ligada a la arqueología mesoamericana francesa a través de Naachtun, otro sitio maya situado en el norte del país.

Figura 1: Río Bec (Campeche, México), sitio arqueológico situado en las Tierras Bajas Mayas (700-900 d.C.), conocido por su excepcional arquitectura monumental con fachadas ornamentadas (Foto : Eva Lemonnier)

Estas importantes misiones constituyen la base de la cooperación y la diplomacia científica en América Central. El estudio de estos grandes sitios arqueológicos brinda un mayor conocimiento de la organización social de las poblaciones analizadas y, además, gracias al uso de nuevas tecnologías como el LiDAR (un láser aerotransportado que atraviesa la corteza y proporciona un modelo digital de elevación del suelo y de los restos que lo cubren) se puede continuar ampliando el área de investigación y llegar incluso a las llamadas zonas rurales. Esta nueva herramienta tecnológica permitió descubrir que la demografía del mundo maya era mucho más densa de lo que se pensaba, que sus zonas rurales estaban muy pobladas (figura 2) y que era una civilización compleja que hacía uso de sus recursos para transformar el paisaje (carreteras que interconectaban los centros de poder y los centros adyacentes, canales, terrazas agrícolas, etc.) (figura 3).

Todas estas nuevas misiones arqueológicas comparten un enfoque ambiental que permite realizar un profundo análisis de la dinámica espacial y los patrones de uso de la tierra. Estos estudios, ligados a la geografía cultural y la etnología, explican el fenómeno la proliferación de ciudades y civilizaciones que florecieron y luego desaparecieron, mucho antes de la conquista española.

Figura 2: Cobertura LiDAR de 135 km² que representa parte del hinterland (o territorio de subsistencia) de la ciudad maya de Naachtun, en Guatemala. (Foto : Fondation Pacunam/Projet Naachtun)

Asimismo, además de estas misiones centradas en el mundo mesoamericano, Francia también ocupa un lugar institucional importante en el mundo andino, en especial mediante el Instituto Francés de Estudios Andinos (IFEA), que ha contribuido desde su fundación al desarrollo de la investigación arqueológica. Su ámbito de influencia se concentra en Perú, Bolivia, Colombia y Ecuador. La especificidad de la investigación arqueológica en el mundo andino radica en el hecho de que esta ha privilegiado el estudio de las ocupaciones anteriores al Imperio inca antes que el imperio ya constituido. Estas investigaciones abarcan diversas sociedades, muchas de las cuales fueron absorbidas (es decir, sintetizadas) por el mundo incaico. Podría decirse que la investigación andina se interesa por los fenómenos culturales previos al imperio y que tienen una profunda tradición andina: la tecnología lítica de los primeros cazadores-recolectores, la domesticación de animales, las estrategias de pesca, las tecnologías de construcción arquitectónica pre y post desarrollo urbano, los patrones de ocupación territorial, entre otros. Esta orientación se observa en las problemáticas que estudian las misiones que se ocupan de los fenómenos culturales, tanto del llamado período pre-cerámico (entre 17 y 3500 BP) como del período post-pre-cerámico, principalmente, la relación entre el hombre y su entorno, tanto en el entorno desértico de la costa peruana como en el altiplano peruano-boliviano, o incluso la arqueología del paisaje en Ecuador. Cabe señalar que hasta hace pocos años la prehistoria era una de las áreas de investigación fundamentales del mundo andino. Esto ya no es así por varias razones: conflictos armados internos, contextos sociopolíticos desfavorables para la investigación científica extranjera (por ejemplo, las dictaduras latinoamericanas de los años sesenta y setenta) o la falta de armonización de las políticas de las instituciones nacionales responsables de las investigaciones arqueológicas. En consecuencia, cada vez hay menos investigadores jóvenes que puedan tomar el relevo de las misiones geopolíticas importantes.


Imagem 3: Mausoleos incaicos (siglo XV) de la región de Lauca en la zona fronteriza entre Bolivia y Chile (Foto : Thibault Saintenoy)

Ahora detengámonos en el resto de América del Sur, más de las tres cuartas partes de su superficie. La historia de la investigación de estos vastos países, que incluyen Brasil, Uruguay, Paraguay, Argentina y Chile, es bastante diferente de lo que hemos mencionado anteriormente. La primera observación que puede hacerse es que no hay en la región un Instituto Francés que agrupe a esos países. Esto no significa que no haya habido misiones arqueológicas, ya que hubo dos en la década de 1990 (en Brasil y Chile). A diferencia del mundo andino (principalmente los Andes centrales), estos territorios no cuentan con una cultura material de construcción monumental. Esto ha contribuido sin dudas a que se les preste menos atención a estas áreas. Sin embargo, esta ausencia institucional no significa en absoluto una falta de interés por parte del MEAE, ya que actualmente están en marcha seis misiones arqueológicas: en Brasil (3), Argentina (2) y Chile (1).

Figura 4: Sitio de cacao del Pleistoceno (La Puna, Salta, Argentina) (Foto : Eric Boëda)

La especificidad de estas seis misiones radica en los períodos estudiados, de más de 4.000 años de antigüedad, y en las características de los restos que se analizan (líticos y orgánicos) (figura 3). Tres de las misiones se centran en los primeros asentamientos en Sudamérica. Sin embargo, el campo de la prehistoria americana en su conjunto es actualmente el más dinámico y en él se debaten ideas que a menudo parecen contradictorias. Francia no sólo contribuye a este campo con su experiencia, sino también con sus recursos financieros y sus inversiones a largo plazo. Esto ha permitido que se produzca una considerable cantidad de datos sólidos que han modificado la mirada científica local e internacional de la zona. Así, los datos brasileños y argentinos atestiguan que hubo ocupación humana a 4.000 metros de altitud durante al menos 40.000 años (figura 4).

Como resultado de estos avances, la mayoría de las misiones también se focalizan en analizar el fenómeno de los asentamientos (figura 5), la búsqueda de identidades culturales, así como en las rutas y el ritmo de las migraciones. Y todo esto está correlación con los principales acontecimientos climáticos que determinaron profundamente la accesibilidad del continente norteamericano desde Asia.

Al examinar las actividades de esta subcomisión, quisiéramos señalar también que la labor en América del Norte (3 misiones) es, lamentablemente, todavía limitada y que, en el Caribe, es prácticamente inexistente.

Figura 5: Pintura rupestre, Parque Nacional Serra da Capivara, Piauí, Brasil (Foto : Eric Boëda)

La presencia francesa en el campo de la arqueología procura mantener el sutil equilibrio entre la historia de los países con los que colaboramos (figura 6) y, por supuesto, las estructuras existentes. Desde hace más de 70 años, la Comisión de excavaciones y, en particular, la más joven Comisión de las Américas, se han dedicado a mantener y/o ampliar una red científica que proyecta a los científicos franceses en el plano internacional por sus compromisos y temas de investigación. Sin embargo, también es necesario destacar que existe un problema de renovación generacional y la falta de una política de reclutamiento interinstitucional coordinada, dos aspectos esenciales para sostener la influencia científica francesa en este campo de investigación.

La prehistoria americana es todavía joven. Francia ha contribuido indudablemente a su construcción y seguirá contribuyendo a su progreso en el futuro, mediante una labor constante y solidaria con los institutos de investigación locales.

Figura 6: Site de Alero de las Cruces, Barrancas, Província de Jujuy. 3700 alt. (Argentina) (Foto : Humberto Mamani)

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