[:fr]Entretien avec Olivier Fudym – Directeur du bureau du CNRS de Rio[:pt]Entretien do Olivier Fudym – Diretor do Escritório do CNRS no Rio[:es]Entrevista a Olivier Fudym : director de la oficina del CNRS en Río de Janeiro[:]

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Olivier Fudym, termine un mandat de 4 ans et demi en tant que directeur du bureau CNRS de Rio de Janeiro qui couvre l’ensemble de l’Amérique du Sud. Nous avons souhaité nous entretenir avec lui afin d’avoir un aperçu de la coopération du CNRS dans cette région du monde.

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Entretien réalisé par Laura Person – chargée de mission au bureau du CNRS de Rio

Quel a été votre rôle au cours de votre mandat au bureau du CNRS à Rio ?

En Amérique du Sud, l’activité du CNRS est importante, riche et variée. Cette diversité thématique, la rend parfois plus diffuse et moins visible qu’un projet concentré sur un seul domaine ou bien identifié thématiquement comme c’est le cas par exemple avec l’INRIA au Chili ou l’institut Fraunhofer à Campinas. A cours de ces dernières années, l’un de mes rôles a notamment été de réussir à bien mettre en lumière cette richesse et de faire émerger un réseau.

Quel est l’intérêt, pour le CNRS, d’un bureau de ce type à l’étranger ?

Je pense qu’on est avant tout des observateurs. D’une façon générale, le rôle du bureau est d’avoir une expertise de la région. Un bureau représente un formidable point d’observation. Les bureaux de représentation du CNRS à l’étranger ont été mis en place après avoir fait le constat que nos chercheurs travaillent énormément dans le monde et que cela pouvait être bien d’avoir un point d’appui, pour les aider à régler des problèmes pratiques et pour soutenir nos unités internationales. C’est plus une vision diplomatique que politique. Au sens où on fait plutôt de la diplomatie scientifique, on est là pour améliorer et entretenir de bonnes relations avec les institutions locales, pour accompagner les chercheurs et pour les conseiller.

Comment vous est venue l’idée de mettre en place cette newsletter ?

On est déjà tous saturés de newsletters. On s’est donc posé la question : « A quoi cela servirait-il ? » « A quel public cela serait-il destiné ? ». On a pensé que c’était important de faire connaitre aux chercheurs français, la richesse et la diversité des recherches dans cette région du monde, de façon à piquer la curiosité de ceux qui ont déjà un regard vers l’Amérique du Sud, et de montrer à ceux qui collaborent dans la région, la diversité des recherches, et aussi, peut-être, d’inciter quelques chercheurs à venir découvrir la région. Pour cela il fallait une revue de qualité que les gens aient envie de lire, un objet qui attire l’oeil.

Olivier Fudym devant le mur de la Science à Rio de Janeiro (Photo : Laura Person)

Outre cette newsletter, quelles actions avez-vous mis en place ces dernières années ?

La position de directeur de bureau est assez spéciale parce que nous n’avons pas de moyens autonomes pour mettre en place des programmes ou des projets. Nous pouvons être incitateurs et encourager des actions. Nous pouvons aider à développer et appuyer une demande de chercheur déjà existante. Et cela peut être opportuniste si, en faisant de la veille, on se rend compte qu’il y a un projet intéressant et que le CNRS devrait y avoir sa place. C’est ce qui s’est passé avec le programme Guyamazon (Programme franco-brésilien de recherche en Amazonie) par exemple. Il y a d’autres actions où l’on peut être plus incitatifs sur le long terme : par la mise en contact de chercheurs, par l’organisation de workshops et d’ateliers à l’occasion de la venue de délégations où en cherchant à inciter des connexions thématiques…etc. Ces dernières années par exemple, nous avons essayé de développer les partenariats publics/ privés parce qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un manque de liens entre l’industrie et la recherche au Brésil. On a ainsi créé une commission R&D avec la chambre de commerce Franco Brésilienne.

Quelque part, votre rôle consiste à faire le lien entre les personnes, les institutions et les sujets ?

Absolument. Et l’un des aboutissements de ces 4 années au bureau de Rio est la réunion que nous avons fait au Chili en mai, dans le cadre des 80 ans du CNRS (Evènement « Le CNRS en Amérique du Sud » à Santiago). Nous avons réuni le réseau sud-américain du CNRS pour la première fois, ce qui a permis de mettre les chercheurs en contact et de voir quelles sont les thématiques qui se recoupent. Ce type d’actions permet de mettre en avant l’immense diversité géographique et thématique des recherches du CNRS en Amérique du Sud et de réfléchir à la façon dont on peut profiter de cette énergie dispersée pour la rassembler et faire en sorte que les gens collaborent. Je pense qu’il est important de favoriser les approches transdisciplinaires et régionales de façon à pouvoir aborder les grands enjeux de société qui sont à la fois globaux, locaux et pluridisciplinaires. Sur l’ensemble de la région, bien qu’il y ait des écosystèmes très différents, il y a une culture latine commune, des enjeux de ressources naturelles, de biodiversité, de préservation d’espace, des problèmes de changements climatiques. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels les chercheurs peuvent se rassembler. Beaucoup de personnes travaillent en mathématiques, SHS, astrophysique, physique, biologie, écologie ou biologie marine, sur l’ensemble des pays de la région et ces méthodes et problématiques se recoupent plutôt bien, et de nombreuses connections sont possibles.

Est-ce qu’en Amérique du Sud, l’importance du réseau est plus vraie qu’ailleurs pour un directeur de bureau ?

En Amérique Latine, on a besoin de gagner la confiance des interlocuteurs d’une façon qui passe beaucoup par l’affectif. Peut-être plus que dans d’autres régions du monde. Au Brésil, le manque absolu d’arrogance est également un des points majeurs si on ne veut pas que les interlocuteurs se ferment. Je pense aussi que pour être directeur du bureau en Amérique du Sud, être chercheur ou enseignant chercheur est absolument fondamental. Ici tous les grands présidents d’institutions de recherche, directeurs de fondations, recteurs … sont issus du monde académique. Parler de pair à pair est essentiel.

Quels sont les enjeux d’une représentation du CNRS à Rio et en Amérique du Sud ?

Même si l’Amérique du Sud ne compte que 4% des missions du CNRS dans le monde, ça représente malgré tout une densité de collaborations importante. Il y a environ 2000 missions vers l’Amérique du Sud par an et 150 projets où le CNRS investit directement des moyens.
Si on rajoute les grands observatoires, les campagnes d’observations maritimes, les grands instruments, il y a quand même un grand nombre de projets qui méritent d’être accompagnés. Ça c’est un des enjeux. Il y a un autre enjeu c’est qu’il y a de grands sujets comme par exemple l’Amazonie, la biodiversité, le climat ou la ville, où il y a un champ d’investigation énorme.

Comment la coopération du CNRS en Amérique du Sud a-t-elle évolué lors des dernières années ? Et comment sera-t-elle amenée à évoluer ?

Le Brésil par exemple, est dans une situation difficile depuis quelques années, politiquement et économiquement. On peut donc craindre que la chute dramatique des moyens chez nos partenaires brésiliens fasse que la recherche perde en productivité et en qualité. Et donc que nos collaborations s’assèchent un petit peu. Si nos partenaires n’ont plus les moyens de travailler, il devient moins intéressant pour nos chercheurs de monter des collaborations avec le Brésil. Bien sûr il y a une solidarité et une confiance établies sur le long terme entre les chercheurs donc on peut compter quelques années sur un soutien. Mais à long terme si la recherche ici s’effondre, cela sera beaucoup plus difficile. Cependant, ce qu’on observe jusque-là c’est que cette année et l’année dernière, il y a une croissance du nombre de projets, les collaborations franco-brésiliennes sont plutôt dans une dynamique d’augmentation ce qui est intéressant et positif. Mais la situation politique étant ce qu’elle est au Brésil, soutenir de façon institutionnelle une coopération a des limites. Et il est légitime de se demander comment travailler avec ce nouveau gouvernement.

Êtes-vous plutôt optimiste pour le futur de la recherche au Brésil ?

Mon optimisme est relatif. J’ai vu une augmentation exponentielle du nombre de missions et de projets et là on est plus dans une stagnation. Sur le long terme, les chercheurs qui se connaissent, qui sont amis, qui travaillent ensemble depuis 15 ans vont continuer à travailler ensemble. Mais ce ne sont pas nos outils à nous qui vont soutenir la recherche brésilienne. On peut ponctuellement aider des collaborations à se maintenir mais ça ne permet pas de sauver les meubles si tout s’effondre. Et c’est vrai qu’on ne sait pas très bien vers où va le Brésil, il y a quand même une réduction drastique des financements, une volonté de casser les universités fédérales, de limiter leurs financements voire de les privatiser. Jusqu’où cela peut-il aller ? On est bien incapable de le dire aujourd’hui. Oui, pour le Brésil, je pense qu’il y a de quoi être inquiet.

Qu’en est-il dans les autres pays de la zone ?

L’Argentine est également en crise, on ne sait pas ce qui va se passer. Mais d’une façon générale, on observe une certaine continuité du nombre de projets. Au chili, tous les projets ont le vent en poupe : en biologie marine, en astrophysique, en mathématiques, tous les projets emblématiques fonctionnent bien, et on s’y sent très soutenus. On ne sent pas que ça va s’arrêter même s’il peut y avoir un peu d’instabilité avec la mise en place du nouveau ministère de la recherche et un important rebrassage des financements pour les centres d’excellence mais globalement je suis plutôt confiant. En Colombie on voit que ça démarre bien, qu’il y a un intérêt réciproque, il y a un soutien politique très fort du développement de la coopération universitaire et scientifique.

Olivier Fudym

Directeur du bureau du CNRS de Rio[:pt]

Olivier Fudym, está concluindo um mandato de quatro anos e meio como Diretor do escritório do CNRS no Rio de Janeiro, que abrange toda a América do Sul. Queríamos falar com ele para ter uma visão geral da cooperação do CNRS nessa região do mundo.

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Entrevista realizada por Laura Person – encargada de cooperação científica no escritório do Rio

Qual foi o seu papel durante o seu mandato no escritório do CNRS no Rio ?

Na América do Sul, a atividade do CNRS é importante, rica e variada. Essa diversidade temática às vezes a torna mais difusa e menos visível que um projeto focado em um único campo ou cuja temática é bem identificada, como por exemplo, o INRIA no Chile ou o Instituto Fraunhofer em Campinas. Nos últimos anos, um dos meus papéis tem sido o de conseguir destacar esta riqueza e criar uma rede.

Para o CNRS, qual é o interesse deste tipo de escritório no estrangeiro ?

Somos principalmente observadores. Geralmente, o papel do escritório é ter uma expertise da região. Um escritório é um excelente ponto de observação. Os escritórios de representação do CNRS no exterior foram criados depois de ter percebido que os nossos pesquisadores trabalham muito no mundo inteiro, e que poderia ser interessante ter um ponto focal para ajudá-los a lidar com problemas práticos e para apoiar nossas unidades internacionais. É mais uma visão diplomática que política. No sentido de que se trata mais de diplomacia científica, a nossa função é melhorar e manter boas relações com as instituições locais, para apoiar os pesquisadores e orientá-los.

Como surgiu a ideia de criar essa newslette ?

Tudo mundo já está saturado com newsletters, então as perguntas eram: «Qual seria o objetivo?» «Qual seria o público-alvo?». Pensávamos que era importante sensibilizar os pesquisadores franceses sobre a riqueza e diversidade da pesquisa nesta região do mundo, de modo a despertar a curiosidade daqueles que já têm um olhar sobre a América do Sul, e mostrar àqueles que colaboram na região, a diversidade da pesquisa, e também, talvez, incentivar alguns pesquisadores a virem e descobrirem a região. Para fazer isso, precisávamos de uma revista de qualidade que as pessoas quisessem ler, algo que chamasse a atenção.

Olivier Fudym em frente ao muro das Ciências no Rio de Janeiro (Foto : Laura Person)

Além da newsletter, quais são as ações que você implementou nos últimos anos ?

O cargo de Diretor de escritório é muito especial porque não temos nenhum recurso próprio para implementar programas ou projetos. Podemos ser incentivadores e encorajar a ação. Podemos ajudar a desenvolver e apoiar uma solicitação de pesquisador já existente. E pode ser apropriado se, graças ao monitoramento, percebemos que existe um projeto interessante e que o CNRS deveria integrá-lo. Foi o que aconteceu com o programa Guyamazon (Programa franco-brasileiro de pesquisa na Amazônia), por exemplo. Existem outras ações onde é possível dar mais incentivo no longo prazo: estabelecendo contatos entre os pesquisadores, organizando workshops e oficinas na ocasião da chegada das delegações, ou procurando incentivar as interligações temáticas, etc. Nos últimos anos, por exemplo, tentamos desenvolver parcerias públicas/privadas porque percebemos que existiam poucas relações entre a indústria e a pesquisa no Brasil. Assim, criamos uma comissão de P&D com a Câmara de comércio franco-brasileira.

De alguma forma, o seu papel é fazer a ligação entre pessoas, instituições e sujeitos ?

Perfeitamente. Um dos resultados desses 4 anos no escritório do Rio é o encontro que tivemos no Chile em maio, como parte dos 80 anos do CNRS (Evento “O CNRS na América do Sul”, em Santiago). Reunimos a rede sul-americana do CNRS pela primeira vez, o que permitiu colocar os pesquisadores em contato e ver quais são os temas se sobrepõem. Esse tipo de ação ajuda a destacar a extensa diversidade geográfica e temática da pesquisa do CNRS na América do Sul, e pensar numa forma de aproveitar essa energia dispersa para reuni-la e garantir que as pessoas colaborem. Penso que é importante promover métodos transdisciplinares e regionais para que possamos abordar as grandes questões sociais que são ao mesmo tempo globais, locais e multidisciplinares. Em toda a região, embora existam ecossistemas muito diferentes, existe uma cultura latina comum, desafios sobre os recursos naturais, a biodiversidade, a preservação do espaço, as questões de mudança climática. Há muitos assuntos nos quais os pesquisadores podem se reunir. Muitas pessoas trabalham sobre tópicos em matemática, CHS, astrofísica, física, biologia, ecologia ou biologia marinha, em todos os países da região e esses métodos e temáticas se sobrepõem relativamente bem, e muitas conexões são possíveis.

Para um diretor de escritório, a importância da rede é mais forte na América do Sul que em outros lugares ?

Na América Latina, precisamos ganhar a confiança dos interlocutores de uma forma muito afetiva, talvez mais do que em outras partes do mundo. Um dos elementos importantes também, é que no Brasil não pode ser arrogante, para evitar que os interlocutores se fechem. Também penso que para ser diretor do escritório na América do Sul, ser pesquisador ou professor-pesquisador é absolutamente fundamental. Aqui todos os grandes presidentes de instituições de pesquisa, diretores de fundações, reitores, … vêm do mundo acadêmico. Comunicar entre pares é essencial.

Quais são os desafios de uma representação do CNRS no Rio e na América do Sul ?

Embora a América do Sul represente apenas 4% das missões do CNRS no mundo, ainda representa uma alta densidade de colaborações. Por ano, há cerca de 2000 missões para a América do Sul e 150 projetos onde o CNRS investe diretamente em recursos. Se acrescentarmos os grandes observatórios, as campanhas de observação marítima e os grandes instrumentos, ainda tem um grande número de projetos que merecem ser apoiados. Esse é um dos desafios. Outra preocupação são os grandes temas como a Amazônia, a biodiversidade, o clima ou a cidade, onde existe um enorme campo de pesquisa.

Como tem evoluído a cooperação do CNRS na América do Sul nos últimos anos ? E como irá evoluir no futuro ?

Há alguns anos que o Brasil está numa situação difícil política e economicamente, por exemplo. Portanto, é de se temer que a redução dramática dos recursos dos nossos parceiros brasileiros leve a pesquisa a perder em produtividade e qualidade, e que as nossas colaborações diminuam um pouco. Se os nossos parceiros não têm mais como trabalhar, torna-se menos interessante para os nossos pesquisadores estabelecer colaborações com o Brasil. É claro que existe uma solidariedade e confiança estabelecida no longo prazo entre pesquisadores, por isso podemos contar com o apoio durante alguns anos. Mas, se a pesquisa desmoronar aqui, será muito mais difícil no longo prazo. Entretanto, o que temos visto até agora é que neste ano e no ano passado, houve um aumento no número de projetos, e as colaborações franco-brasileiras estão numa dinâmica de crescimento, o que é interessante e positivo. Mas, devido à situação política no Brasil, o apoio institucional à cooperação tem seus limites, e é legítimo perguntar-se como trabalhar com este novo governo.

Você está razoavelmente otimista sobre o futuro da pesquisa no Brasil ?

O meu optimismo é relativo. Tenho visto um aumento exponencial no número de missões e projetos e agora não estamos mais em estagnação. No longo prazo, os pesquisadores que conhecem, que são amigos, que trabalham juntos há 15 anos, vão continuar a trabalhar juntos. Mas não são os nossos recursos que vão suportar a pesquisa brasileira. Podemos ocasionalmente ajudar as colaborações a continuar, mas isso não será suficiente se a situação vier a piorar. E é verdade que não sabemos realmente para onde o Brasil está indo, há uma redução drástica dos financiamentos, uma vontade de desmembrar as universidades federais, de reduzir seus financiamentos ou até de privatizá-las. Até onde pode chegar? É impossível dizer hoje. De fato, penso que a situação é preocupante para o Brasil.

E para os outros países da região ?

A Argentina também está em crise, não sabemos o que vai acontecer. Mas, de um modo geral, há uma certa continuidade no número de projetos. No Chile, todos os projetos estão indo bem: em biologia marinha, astrofísica e matemática, todos os projetos emblemáticos estão funcionando bem, e há um certo apoio. Não é possível saber se vai parar, mesmo que possa haver um pouco de instabilidade com o novo Ministério da pesquisa e uma mudança significativa no financiamento para os centros de excelência, mas estou globalmente bastante confiante. Na Colômbia, vemos que está começando bem, que há um interesse mútuo, um apoio político muito forte para o desenvolvimento da cooperação universitária e científica.

Olivier Fudym

Diretor do escritório do CNRS no Rio[:es]

Olivier Fudym concluye su mandato de cuatro años y medio como director de la oficina del CNRS en Río de Janeiro, que incluye toda América del Sur. Nos reunimos con él para tener un panorama general de la cooperación del CNRS en esta región del mundo.

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Entrevista realizada por Laura Person – Encargada de cooperación científica en la oficina del CNRS en Río de Janeiro

¿Cuál fue su función durante su mandato en la oficina del CNRS en Río?

En América del Sur, la actividad del CNRS es importante, rica y variada. Esta diversidad a veces hace que esta actividad sea más difusa y menos visible que la de un proyecto centrado en un solo campo o identificado temáticamente, como es el caso de INRIA en Chile o el Instituto Fraunhofer en Campinas. En los últimos años, una de mis funciones ha sido resaltar esta riqueza y crear una red.

¿Qué interés tiene para el CNRS una oficina de este tipo en el extranjero?

Creo que, ante todo, somos observadores. En general, la función de la oficina es contar con expertos de la región. Una oficina es un valioso punto de observación. Las oficinas de representación del CNRS en el extranjero se crearon después de haber constatado que nuestros investigadores trabajaban mucho en el extranjero y que era necesario ofrecer un punto de apoyo para ayudarlos a resolver problemas prácticos y para apoyar a nuestras unidades internacionales. Se trata de una visión más diplomática que política, en el sentido de una diplomacia científica. Estamos ahí para mejorar y mantener buenas relaciones con las instituciones locales, para apoyar y asesorar a los investigadores.

¿Cómo surgió la idea de crear este newsletter?

Como sabemos, hay una excesiva cantidad de newsletters, así que nos preguntamos: “¿De qué serviría?, ¿A qué público estaría dirigido?”. Pensamos que era importante que los investigadores franceses conocieran la riqueza y diversidad de la investigación en esta región del mundo, que colaborásemos en despertar la curiosidad de quienes ya tienen una mirada hacia América del Sur, y que mostrásemos a quienes colaboran en la región la diversidad de la investigación, y también, quizás, que animásemos a algunos investigadores a que vengan a descubrirla. Para ello, necesitábamos una revista de calidad que la gente quisiera leer, un objeto que pudiera captar la atención.

Olivier Fudym frente al Mural-Grafite da Ciência en Río de Janeiro (Foto : Laura Person)

Además de la creación de este newsletter, ¿qué medidas ha tomado en los últimos años?

La posición de director es muy especial porque no tenemos los medios autónomos para establecer programas o proyectos. Podemos generar incentivos y fomentar acciones. Podemos ayudar a desarrollar y apoyar una solicitud de investigador que ya existe. Y esto puede ser oportuno si, mediante el seguimiento, nos damos cuenta de que hay un proyecto interesante y que el CNRS debe tener un lugar ahí. Esto es lo que sucedió con el programa Guyamazon (Programa de Investigación Franco-Brasileño en la Amazonia), por ejemplo. Hay otras acciones en las que podemos tener una influencia en el largo plazo: reuniendo a los investigadores, organizando talleres y seminarios con motivo de la llegada de las delegaciones o intentando fomentar las conexiones temáticas…. etc. En los últimos años, por ejemplo, hemos tratado de desarrollar asociaciones público-privadas porque ha quedado claro que en Brasil hay una falta de vínculos entre la industria y la investigación. Se creó una comisión de I+D con la Cámara de Comercio Franco-Brasileña.

De algún modo, ¿su función consiste en crear vínculos entre las personas, las instituciones y los temas de investigación?

Absolutamente. Y uno de los resultados de estos 4 años en la oficina de Río es la reunión que celebramos en Chile en mayo pasado, en el marco del 80 aniversario del CNRS (evento “El CNRS en América del Sur”, en Santiago de Chile). Reunimos por primera vez a la red sudamericana del CNRS, lo cual permitió poner en contacto a los investigadores y analizar los temas compartidos. Este tipo de acciones permite poner de relieve la inmensa diversidad geográfica y temática de la investigación del CNRS en América del Sur y reflexionar sobre cómo podemos utilizar esta energía dispersa para reunirla y asegurar la colaboración entre las personas. Creo que es importante promover enfoques transdisciplinarios y regionales para poder abordar los principales problemas de la sociedad que son globales, locales y multidisciplinarios. En toda la región, aunque existen ecosistemas muy diferentes, existe una cultura latina común, problemas de recursos naturales, biodiversidad, preservación del espacio y cambio climático. Hay muchos temas en torno a los cuales los investigadores pueden asociarse. Muchas personas trabajan en matemáticas, SHS, astrofísica, física, biología, ecología o biología marina, en todos los países de la región, y estos métodos y problemas se relacionan entre sí, y por lo tanto es posible establecer muchas conexiones.

Para un director de oficina en América del Sur, ¿es más importante la red que en otras regiones?

En América Latina es necesario ganarse la confianza de los interlocutores de una manera que se basa mucho en lo afectivo. Quizás más que en otras partes del mundo. En Brasil, la humildad es también uno de los puntos principales a tener en cuenta si no queremos que los interlocutores se cierren al diálogo. También creo que para ser director de la oficina en Sudamérica, ser investigador o profesor-investigador es absolutamente fundamental. Aquí todos los grandes presidentes de instituciones de investigación, directores de fundaciones, rectores, etc., vienen del mundo académico. Hablar de igual a igual es esencial.

¿Cuáles son los desafíos de una representación del CNRS en Río y América del Sur?

Aunque América del Sur representa sólo el 4% de las misiones del CNRS en el mundo, este porcentaje significa una alta densidad de colaboraciones. Por año se llevan a cabo alrededor de 2000 misiones a Sudamérica y el CNRS invierte recursos de forma directa en 150 proyectos. Si a esto añadimos los grandes observatorios, las campañas de observación marítimas, los grandes instrumentos, da como resultado una gran cantidad de proyectos que merecen ser apoyados. Ese es uno de los desafíos. Otro es que hay grandes cuestiones a considerar, como la Amazonia, la biodiversidad, el clima o la ciudad, donde hay un enorme campo de investigación.

¿Cómo ha evolucionado la cooperación del CNRS en América del Sur en los últimos años? ¿Y cómo se proyecta?

Brasil, por ejemplo, atraviesa una situación difícil desde hace varios años, tanto política como económicamente. Por lo tanto, podemos esperar que la dramática caída de los recursos que afecta a nuestros socios brasileños tenga como efecto una pérdida de productividad y calidad en la investigación. Y, por consiguiente, que nuestras colaboraciones disminuyan. Si nuestros socios ya no tienen los medios para trabajar, se vuelve menos interesante para nuestros investigadores establecer colaboraciones con Brasil. Por supuesto, existe una solidaridad y una confianza a largo plazo entre los investigadores, por lo que podemos contar con apoyo durante algunos años más. Pero a largo plazo, si la investigación aquí colapsa, será mucho más difícil. Sin embargo, lo que hemos observado hasta ahora es que en este año y el año pasado se ha producido un crecimiento en la cantidad de proyectos; es decir, las colaboraciones franco-brasileñas se encuentran más bien en una dinámica de crecimiento que es interesante y positiva. Pero considerando la situación política actual en Brasil, sostener institucionalmente la cooperación tiene sus limitaciones. Y es legítimo preguntarse cómo trabajar con este nuevo gobierno.

¿Es optimista con respecto al futuro de la investigación en Brasil?

Mi optimismo es relativo. He visto un aumento exponencial en el número de misiones y proyectos y ahora ya no estamos estancados. A largo plazo, los investigadores que se conocen, que son amigos, que han estado trabajando juntos durante 15 años seguirán trabajando juntos. Pero no son nuestras herramientas las que van a sostener la investigación brasileña. Podemos colaborar de forma puntual en que las colaboraciones se mantengan, pero eso no será suficiente si todo se derrumba. Y es cierto que no sabemos muy bien hacia dónde se dirige Brasil; el financiamiento se ha reducido drásticamente, hay una clara voluntad de desmantelar las universidades federales, de limitar sus recursos o incluso de privatizarlas. ¿Hasta dónde puede llegar esto? Hoy no podemos saberlo. Por eso, creo que hay motivos de preocupación con respecto a Brasil.

¿Cuál es la situación de los otros países de la región?

Argentina también está en crisis, no sabemos qué va a pasar. Pero en general, hay una cierta continuidad en la cantidad de proyectos. En Chile, todos los proyectos están con viento a favor: en biología marina, astrofísica, matemáticas, todos los proyectos emblemáticos están funcionando bien, y nos sentimos muy apoyados. No creemos que esto se detenga aunque haya un poco de inestabilidad con la creación del nuevo Ministerio de Investigación y una importante reestructuración del financiamiento de los centros de excelencia, pero en general soy muy optimista al respecto. En Colombia vemos que las cosas han comenzado bien, que hay un interés recíproco, que hay un apoyo político muy fuerte para el desarrollo de la cooperación universitaria y científica.

Olivier Fudym

Director de la oficina del CNRS en Río de Janeiro[:]

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