[:fr]Entretien avec Jorge Vitório Pereira[:pt]Entrevista com o Jorge Vitório Pereira – Teoria das folheações et geometria algébrica[:es]Entrevista con Jorge Vitório Pereira – Teoría de las foliaciones y geometría algebraica [:]

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Contact : Jorge Vitório Pereira – JVP@impa.br

Vous êtes chercheur à l’IMPA et à l’IRL (ex-UMI) franco-brésilienne Jean-Christophe Yoccoz. Quel est votre trajectoire personnelle et les collaborations avec la France ?

Bien que j’aie fait toutes mes études au Brésil, d’abord au sein de l’UFRJ (Universidade Federal do Rio de Janeiro) puis à l’IMPA pour mon master et mon doctorat, les mathématiques françaises ont eu une influence déterminante dans ma carrière. Le groupe qui a débuté l’étude des feuilletages holomorphes à l’IMPA (César Camacho, Alcides Lins Neto et Paulo Sad) a une longue histoire de collaborations – dès les années 1970 – avec des mathématiciens français étudiant ce sujet (Dominique Cerveau, Jean-François Mattei et Robert Moussu). C’est dans ce cadre que j’ai eu l’opportunité de passer une année à l’Université de Rennes, entre 2003 et 2004, financée par une bourse post-doctorale du CNRS. J’ai été chaleureusement accueilli par le groupe d’experts en feuilletages, dirigé par Dominique Cerveau, et j’ai commencé ma collaboration avec Frank Loray et Frédéric Touzet à cette époque. Cette collaboration est toujours active à ce jour. C’est également à cette période que j’ai entamé une collaboration avec Luc Pirio sur la géométrie des tissus.

Après mon retour à l’IMPA en 2005 et ma prise de fonction comme chercheur, j’ai commencé à impulser la venue de chercheurs français au Brésil. Cette même année, le CNRS et l’IMPA ont créé une Unité Mixte Internationale (UMI), appelé aujourd’hui IRL (International Research Laboratory) qui accueille tous les ans de deux à quatre chercheurs français à l’IMPA. Cet outil de coopération a permis de soutenir les collaborations franco-brésiliennes grâce au financement, par le CNRS, de postes temporaires à l’IMPA pour des mathématiciens français. Dans le cadre de ce programme, j’ai collaboré avec Charles Favre (venu à l’IMPA en 2007 et 2010) et Benoît Claudon (venu en 2013).

Jorge Vitório Pereira 

Quels sont les chercheurs français avec qui vous avez pu collaborer durant votre parcours académique ?

En plus des collaborations déjà évoquées avec Loray, Touzet, Pirio, Favre et Claudon, j’ai également eu le privilège de collaborer avec Dominique Cerveau et Marco Brunella (1964-2012), qui ont grandement influencé mon travail. Je suis particulièrement fier d’avoir écrit avec Brunella et Touzet un article sur le revêtement universel des variétés algébriques avec des fibres tangentes décomposables.

J’ai également eu le plaisir d’accueillir de jeunes mathématiciens français à l’IMPA et de collaborer avec eux :
– Gaël Cousin qui a fait un stage post-doctoral à l’IMPA à deux reprises (2013 et 2017) et qui est maintenant professeur à l’UFF (Universidade Federal Fluminense) ;
–  Olivier Thom, actuellement post-doctorant à l’IMPA ;
– Federico Lo Bianco, qui a fait un stage à l’IMPA de trois mois entre 2013 et 2014 avant de devenir doctorant à l’École normale supérieure de Paris.

Ma collaboration avec la France a été encore plus renforcée récemment grâce à l’obtention de la Chaire Jean-Morlet au CIRM pour le premier semestre 2020.

Qu’est-ce que le CIRM ?

Le CIRM – Centre International de Rencontres Mathématiques – est une institution unique en son genre. Situé dans la banlieue de Marseille, au milieu du Parc National de Calanques, il est entièrement dédié à l’organisation de congrès mathématiques. Presque toutes les semaines, le CIRM accueille un congrès dans un domaine des mathématiques, pures ou appliquées. La dimension internationale de cette structure fait qu’il n’est pas rare qu’une même conférence réunisse des participants issus des cinq continents.

Créé au début des années 1980, le CIRM a récemment connu d’importants changements. L’un d’entre eux est la création de la Chaire Jean-Morlet. Chaque semestre universitaire, un mathématicien d’une institution non-française, lauréat de la Chaire Jean-Morlet, organise un programme d’activités scientifiques au CIRM en étroite collaboration avec un mathématicien de l’Université d’Aix-Marseille. Ce programme est composé d’au moins trois événements : un atelier, une école thématique et une conférence.

Et vous avez donc gagné cette chaire en 2020 ?

En juillet 2017, lors d’une conversation avec Erwan Rousseau, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, a émergé l’idée de postuler à la Chaire Jean-Morlet et d’organiser un semestre au CIRM, axés sur les interactions entre la Théorie des feuilletages holomorphes et la Géométrie algébrique complexe. Bien que, à l’époque, aucun projet de collaboration n’existait avec Erwan Rousseau, nous pensions que la proximité thématique de nos domaines de recherche, combinée aux conditions exceptionnelles offertes par le CIRM, nous permettrait non seulement d’organiser un semestre riche sur le plan académique et scientifique mais aussi d’initier une vraie collaboration.
À la fin du mois de septembre 2017, nous avons donc déposé notre candidature pour bénéficier de la chaire pour le premier semestre 2020. Étant géographiquement éloigné, j’ai présenté le projet en ligne au conseil scientifique du CIRM le 14 novembre 2017. Moins d’un mois plus tard, le projet Théorie des feuilletages et géométrie complexe avait été sélectionné.

Et on peut supposer que votre projet, et notamment les manifestations que vous aviez prévues, a été bouleversé par la pandémie et le confinement qui s’en est suivi…

En effet. Parmi les manifestations que nous avions programmées était prévu, pendant la semaine du 5 avril 2020, un atelier intitulé Variétés de classe canonique triviale. Il avait pour but de présenter les résultats des recherches récentes sur la structure d’une certaine classe de variétés algébriques projectives singuliers. Une soixantaine de participants devaient faire le déplacement pour y participer…

Mais reprenons les choses dans l’ordre. Je suis arrivé à Marseille le 7 janvier 2020. Le CIRM a commencé l’année « presque » normalement. Durant les deux premières semaines de mars, les événements prévus se sont déroulés sans problème
majeur : seules ont eu lieu quelques annulations de participants venant de Lombardie et de Chine. Mais, le vendredi 13 mars dans l’après-midi, le CIRM a annoncé une interruption indéfinie de ses activités. Il est alors devenu évident qu’il serait impossible de réaliser l’atelier en format présentiel et, après de nombreuses hésitations, le 17 mars nous avons informé les intervenants et les participants inscrits à l’atelier de son annulation. Une semaine plus tard, le 23 mars, le gouvernement français imposait des restrictions de circulation dans le pays.

Environ deux semaines après la fermeture du CIRM, le 26 mars, j’ai pris la décision de retourner au Brésil et de continuer, à distance, les activités de recherche liées à la chaire. Vous pouvez imaginer le sentiment de frustration de ne pas pouvoir réaliser les événements que nous avions préparés pendant près de deux ans ! Heureusement, le 31 mars, j’ai reçu un message de Céline Montibeller (coordinatrice de la Chaire Jean-Morlet au CIRM) et de Patrick Foulon (directeur du CIRM) nous proposant d’organiser une version virtuelle de l’atelier. Malgré quelques réticences initiales, le fait de pouvoir réaliser cette manifestation et de poursuivre les activités académiques du CIRM, bien que dans des conditions totalement différentes, a été une grande source de motivation.

Alors, avez-vous réussi à gérer ce nouveau format dans les circonstances inédites ?

L’enjeu était énorme d’autant que je n’avais jamais participé à un événement scientifique virtuel. L’équipe du CIRM, toujours attentionnée et extrêmement efficace, nous a proposé un format intéressant qui consistait à enregistrer les conférences à l’avance, les mettre à disposition sur un site web dédié et organiser des sessions de discussion en direct pour permettre aux participants d’interagir avec les intervenants. Nous avons suivi ce format en enregistrant les conférences durant la semaine du 5 avril et nous avons fait deux sessions en direct avec l’ensemble des participants les 15 et 17 avril.

Cet événement, conçu et organisé en moins de trois semaines, a été un réel succès. À la suite de celui-ci nous avons décidé de tenir une version virtuelle de l’école thématique Géométrie et dynamique des feuilletages initialement prévue la semaine du 18 mai. En reprenant le modèle de l’atelier, nous avons enregistré 5 mini-cours à l’avance (composé de trois ou quatre conférences d’environ 40 minutes chacune) et avons programmé une session d’échange online pour chaque cours. Nous avons complété ces activités par une dizaine de mini-conférences présentées par de jeunes chercheurs (également online) réparties sur trois jours.

Le résultat final de ces expériences, tant celle de l’atelier que de l’école thématique, a été surprenant. Les conférences étaient d’une très grande qualité et le public était au rendez-vous avec de nombreuses interactions avec les intervenants. C’est une belle preuve que les échanges scientifiques internationaux peuvent continuer malgré la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

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Jorge Vitório Pereira é pesquisador do IMPA (Instituto de Matemática Pura e Aplicada) do Rio de Janeiro. Ele trabalha nas folheações holomorfas e suas interações com a geometria algébrica.

A teoria das folheações (Foliation theory) estuda as decomposições de espaços (variedades) definidas por famílias de equações diferenciais. A ênfase não está na forma explícita das soluções das equações diferenciais em questão, mas sim nas estruturas geométricas/topológicas definidas pelo conjunto de todas as suas soluções. É uma teoria muito ampla, estudada de acordo com diferentes abordagens: métrica, dinâmica, topológica e, mais recentemente, algébrica.

JORGE VITÓRIO PEREIRA : JVP@IMPA.BR

Você é pesquisador do IMPA e do IRL franco-brasileiro (ex-UMI) Jean-Christophe Yoccoz. Qual é a sua trajetória pessoal e as colaborações com a França?

Embora eu tenha feito todos os meus estudos no Brasil, primeiro na UFRJ (Universidade Federal do Rio de Janeiro) e depois no IMPA para o meu mestrado e o meu doutorado, a matemática francesa teve uma influência decisiva na minha carreira. O grupo que iniciou o estudo das folheações holomorfas no IMPA (César Camacho, Alcides Lins Neto e Paulo Sad) tem uma longa história de colaborações – desde a década de 1970 – com matemáticos franceses estudando o assunto (Dominique Cerveau, Jean-François Mattei e Robert Moussu).

Foi neste contexto que tive a oportunidade de passar um ano na Universidade de Rennes, entre 2003 e 2004, financiada por uma bolsa de pós-doutorado do CNRS. Fui calorosamente recebido pelo grupo de especialistas em folheações, liderado por Dominique Cerveau, e comecei minha colaboração com Frank Loray e Frédéric Touzet naquela época. Esta colaboração ainda está ativa até hoje. Foi também neste período que iniciei uma colaboração com Luc Pirio sobre a geometria dos tecidos.

Após meu retorno ao IMPA em 2005 e assumindo o cargo de pesquisador, comecei a estimular a vinda de pesquisadores franceses ao Brasil. Nesse mesmo ano, o CNRS e o IMPA criaram uma Unidade Mista Internacional (UMI), agora denominada IRL (International Research Laboratory), que anualmente recebe de dois a quatro pesquisadores franceses no IMPA. Esse dispositivo de cooperação permitiu apoiar as colaborações franco-brasileiras graças ao financiamento, pelo CNRS, de vagas temporárias no IMPA para matemáticos franceses. No âmbito desse programa, trabalhei com Charles Favre (que veio para o IMPA em 2007 e 2010) e Benoît Claudon (que veio em 2013).

Jorge Vitório Pereira 

Quem são os pesquisadores franceses com quem você tem colaborado durante sua carreira acadêmica?

Além das colaborações já mencionadas com Loray, Touzet, Pirio, Favre e Claudon, também tive o privilégio de colaborar com Dominique Cerveau e Marco Brunella (1964-2012), que influenciaram fortemente o meu trabalho. Estou particularmente orgulhoso de ter escrito com Brunella e Touzet um artigo sobre as variedades de Kähler com fibrados tangentes.

Também tive o prazer de receber no IMPA jovens matemáticos franceses e de trabalhar com eles:

  • Gaël Cousin que fez um estágio de pós-doutorado no IMPA duas vezes (2013 e 2017) e hoje é professor na UFF (Universidade Federal Fluminense);
  • Olivier Thom, atualmente em pós-doutorado no IMPA;
  • Federico Lo Bianco, que fez um estágio de três meses no IMPA entre 2013 e 2014 antes de se tornar aluno de doutorado na École normale supérieure de Paris.

Minha colaboração com a França foi ainda mais fortalecida recentemente graças à obtenção da Cátedra Jean-Morlet no CIRM para o primeiro semestre de 2020.

O que é o CIRM?

O CIRM – Centre Internacional de Encontros de Matemática – é uma instituição única. Localizado nos subúrbios de Marselha, no meio do Parque Nacional de Calanques, é inteiramente dedicado à organização de congressos matemáticos. Quase todas as semanas, o CIRM organiza um congresso no campo da matemática, pura ou aplicada. A dimensão internacional desta estrutura significa que não é raro que uma mesma conferência reúna participantes de todos os cinco continentes.

Fundado no inicio da década de 1980, o CIRM passou recentemente por mudanças significativas. Uma delas é a criação da Cátedra Jean-Morlet. A cada semestre acadêmico, um matemático de uma instituição
não francesa, vencedor da Cátedra Jean-Morlet, organiza um programa de atividades científicas no CIRM em estreita colaboração com um matemático da Universidade de Aix-Marseille.

Este programa é composto por pelo menos três eventos: um workshop, uma escola temática e uma conferência.

Então você ganhou esta cátedra em 2020?

Em julho de 2017, conversando com Erwan Rousseau, professor da Universidade de Aix-Marseille, surgiu a ideia de se candidatar à Cátedra Jean-Morlet e de organizar um semestre no CIRM, focado nas interações entre a Teoria das folheações holomorfas e a Geometria algébrica complexa. Embora, na época não existisse nenhum projeto de colaboração com Erwan Rousseau, acreditávamos que a proximidade temática das nossas áreas de pesquisa, associada às condições excepcionais oferecidas pelo CIRM, não nos permitiriam apenas organizar um semestre rico nos planos acadêmicos e científicos, mas também iniciar uma verdadeira colaboração. Então, no final de setembro de 2017, demos entrada na nossa candidatura para beneficiar da cátedra no primeiro semestre de 2020. Estando geograficamente distante, fiz uma apresentação online do projeto ao conselho científico do CIRM no dia 14 de novembro de 2017. Menos um mês depois, o projeto Teoria das folheações e geometria complexa foi selecionado.

E podemos supor que seu projeto, e em particular as manifestações que tinha planejado, foram perturbados pela pandemia e o confinamento …

Efetivamente. Entre os eventos que havíamos programado, um workshop intitulado Variedades da classe canônica trivial estava planejado na semana do 5 de abril de 2020. O objetivo era apresentar os resultados de pesquisas recentes sobre a estrutura de uma determinada classe de variedades algébricas projetivas singulares. Estava previsto que cerca de sessenta participantes viajassem para participar …

Mas vamos colocar as coisas em ordem. Cheguei a Marselha no dia 7 de janeiro de 2020. O CIRM começou o ano “quase” normalmente. Durante as duas primeiras semanas de março, os eventos planejados aconteceram sem maiores problemas: tivemos apenas alguns cancelamentos de participantes da Lombardia e da China. Mas, na tarde da sexta-feira 13 de março, o CIRM anunciou uma interrupção indefinida de suas atividades. Ficou então evidente que seria impossível realizar o workshop de forma presencial e, depois de muitas hesitações, no dia 17 de março comunicamos aos palestrantes e participantes inscritos no workshop o seu cancelamento. Uma semana depois, em 23 de março, o governo francês impôs restrições à circulação no país.

Cerca de duas semanas após o fechamento do CIRM, em 26 de março, tomei  a decisão de retornar ao Brasil e continuar as atividades de pesquisa relacionadas à Cátedra a distância. Pode imaginar a sensação de frustração por não podermos realizar os eventos que nos preparávamos há quase dois anos! Felizmente, no dia 31 de março, recebi uma mensagem da Céline Montibeller (coordenadora da Cátedra Jean-Morlet no CIRM) e do Patrick Foulon (diretor do CIRM) sugerindo que organizássemos uma versão virtual do workshop. Apesar de algumas reservas iniciais, o fato de poder organizar este evento e continuar as atividades acadêmicas do CIRM, embora em condições totalmente diferentes, foi uma grande fonte de motivação.

Então, conseguiu gerenciar este novo formato nessas circunstâncias inéditas?

O desafio era enorme, pois eu nunca tinha participado em um evento cientifico virtual. A equipa do CIRM, sempre atenta e extremamente eficiente, nos ofereceu um formato interessante que consistia em gravar as conferências com antecedência, disponibilizá-las num site dedicado e organizar sessões de discussão ao vivo para que aos participantes possam interagir com os palestrantes. Seguimos esse formato gravando as palestras durante a semana do dia 5 de abril e organizamos duas sessões ao vivo com todos os palestrantes nos dias 15 e 17 de abril.

Este evento, desenhado e organizado em menos de três semanas, foi um verdadeiro sucesso. Em seguida, decidimos realizar uma versão virtual da escola temática Geometria e dinâmica das folhações inicialmente prevista para a semana do dia 18 de maio. Usando o modelo do workshop, gravamos 5 minicursos com antecedência (consistindo em três ou quatro palestras de aproximadamente 40 minutos cada) e agendamos uma sessão de intercâmbio online para cada curso. Complementamos essas atividades com cerca de dez mini-conferências apresentadas por jovens pesquisadores (também online), distribuídas ao longo de três dias.

O resultado final dessas experiências, tanto o workshop quanto a escola temática, foi surpreendente. As palestras foram de altíssima qualidade e o público esteve presente com muita interação com os palestrantes. Isso é uma grande prova de que os intercâmbios científicos internacionais podem continuar, apesar da situação em que nos encontramos agora.

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Jorge Vitório Pereira es investigador del IMPA (Instituto de Matemática Pura y Aplicada) de Río de Janeiro. Se dedica a estudiar las foliaciones holomorfas y sus interacciones con la geometría algebraica. La teoría de la foliación (foliation theory) estudia las descomposiciones de los espacios (variedades) que se definen por familias de ecuaciones diferenciales. No hace hincapié en la forma explícita de las soluciones de las ecuaciones diferenciales en cuestión, sino en las estructuras geométricas/topológicas definidas por el conjunto de todas sus soluciones. Es una teoría muy amplia, estudiada según diferentes enfoques: métrico, dinámico, topológico y, más recientemente, algebraico.

Jorge Vitório Pereira : jvp@impa.br

Usted es investigador del IMPA y del IRL (ex-UMI) franco-brasileño Jean-Christophe Yoccoz. ¿Cuál es su trayectoria personal y cuáles han sido sus colaboraciones con Francia?

Aunque hice todos mis estudios en Brasil, primero en la UFRJ (Universidade Federal do Rio de Janeiro) y luego en el IMPA, donde cursé mi maestría y doctorado, las matemáticas francesas tuvieron una influencia decisiva en mi carrera. El grupo que comenzó el estudio de las foliaciones holomorfas en el IMPA (César Camacho, Alcides Lins Neto y Paulo Sad) tiene un largo historial de colaboraciones (desde los años 70) con matemáticos franceses que estudian el tema (Dominique Cerveau, Jean-François Mattei y Robert Moussu). En este marco, y gracias a una beca postdoctoral del CNRS, pasé un año en la Universidad de Rennes entre 2003 y 2004. El grupo de expertos en foliaciones, dirigido por Dominique Cerveau, me recibió de la mejor manera y en ese momento comencé también a colaborar con Frank Loray y Frédéric Touzet. Esta colaboración sigue activa hoy en día. También fue durante este período que empecé una colaboración con Luc Pirio sobre la geometría de los tejidos.

En 2005, tras regresar al IMPA y asumir mi cargo de investigador, comencé a alentar a los investigadores franceses a que vinieran a Brasil. Ese mismo año, el CNRS y el IMPA crearon una Unité Mixte Internationale (UMI), ahora llamada IRL (Laboratorio Internacional de Investigación), que acoge cada año de dos a cuatro investigadores franceses en el IMPA. Esta herramienta de cooperación ha permitido sostener las colaboraciones franco-brasileñas gracias a la financiación por parte del CNRS de puestos temporales en el IMPA para matemáticos franceses. En el marco de este programa, he colaborado con Charles Favre (que se incorporó al IMPA en 2007 y 2010) y Benoît Claudon (quien lo hizo en 2013).

Jorge Vitorio Pereira

¿Quiénes son los investigadores franceses con los que ha colaborado durante su trayectoria académica?

Además de las colaboraciones mencionadas con Loray, Touzet, Pirio, Favre y Claudon, también he tenido el privilegio de colaborar con Dominique Cerveau y Marco Brunella (1964- 2012), quienes han ejercido una gran influencia en mi trabajo. Estoy particularmente orgulloso de haber escrito con Brunella y Touzet un artículo sobre el recubrimiento universal de las variedades algebraicas con fibrados tangentes descomponibles.

También tuve el placer de recibir a jóvenes matemáticos franceses en el IMPA y colaborar con ellos:

-Gaël Cousin, quien hizo dos pasantías postdoctorales en el IMPA (2013 y 2017) y ahora es profesor de la UFF (Universidade Federal Fluminense);
-Olivier Thom, quien hace actualmente su posdoctorado en el IMPA;
-Federico Lo Bianco, quien hizo una pasantía de tres meses en el IMPA entre 2013 y 2014 antes de convertirse en estudiante de doctorado en la École Normale Supérieure de París.

Mi colaboración con Francia se ha reforzado recientemente con la posibilidad de dirigir la cátedra Jean-Morlet del CIRM en el primer semestre de 2020.

¿Qué es el CIRM?

El CIRM es el Centre International de Rencontres Mathématiques, una institución única en su tipo. Se encuentra en las afueras de Marsella, en el centro del Parque Nacional de Calanques, y se dedica por entero a la organización de congresos sobre matemáticas. Casi todas las semanas, el CIRM organiza un congreso en un campo de las matemáticas, puras o aplicadas. La dimensión internacional de esta institución hace que los eventos que allí se organizan reúnan a participantes de los cinco continentes.

El CIRM fue creado a principios de los años 80 y recientemente ha experimentado cambios significativos. Uno de ellos es la creación de la cátedra Jean-Morlet. Cada semestre académico, un matemático de una institución extranjera, egresado de la cátedra Jean-Morlet, organiza un programa de actividades científicas en el CIRM, en colaboración con un matemático de la Universidad de Aix-Marseille. Este programa se compone de al menos tres eventos: un taller, una escuela temática y una conferencia.

¿Usted ganó la dirección de esta cátedra en 2020?

En julio de 2017, durante una conversación con Erwan Rousseau, profesor de la Universidad de Aix-Marseille, surgió la idea de solicitar la dirección de la cátedra Jean-Morlet y organizar un seminario en el CIRM, centrado en las interacciones entre la teoría de las foliaciones holomorfas y la geometría algebraica compleja. Aunque en ese momento no existía ningún proyecto de colaboración con Erwan Rousseau, pensamos que la proximidad temática de nuestros campos de investigación, más las condiciones excepcionales que ofrece el CIRM, nos permitirían no sólo organizar un semestre rico en contenido académico y científico, sino también iniciar una verdadera colaboración. A finales de septiembre de 2017, presentamos nuestra solicitud para la cátedra durante el primer semestre de 2020. Como me encontraba lejos, presenté el proyecto en línea al Consejo Científico del CIRM el 14 de noviembre de 2017. Menos de un mes después me comunicaron que el proyecto Teoría de las foliaciones y geometría compleja había sido seleccionado.

¿Entonces su proyecto, así como los eventos que había planeado, se vieron afectados por la irrupción de la pandemia y el confinamiento que le siguió?

Sí. Entre los eventos que habíamos planeado se incluía un taller titulado Variedades con clase canónica trivial, a desarrollarse durante la semana del 5 de abril de 2020. Su objetivo era presentar los resultados de las recientes investigaciones sobre la estructura de una cierta clase de variedades algebraicas proyectivas singulares. Se esperaban unos sesenta participantes…

Pero vayamos en orden: llegué a Marsella el 7 de enero de 2020. El CIRM comenzó el año “casi” normalmente. Durante las dos primeras semanas de marzo, los eventos planeados se llevaron a cabo sin mayores problemas: sólo se produjeron algunas cancelaciones de participantes que venían de Lombardía y China. Sin embargo, en la tarde del viernes 13 de marzo, el CIRM anunció la interrupción indefinida de sus actividades. Entonces ya no quedaron dudas de que sería imposible hacer el evento en el formato previsto y, tras mucho reflexionar, el 17 de marzo informamos a los oradores y participantes que el taller había sido cancelado. Una semana después, el 23 de marzo, el gobierno francés impuso restricciones de viaje dentro del país. Dos semanas después del cierre del CIRM, el 26 de marzo, tomé la decisión de regresar a Brasil y continuar, a distancia, las actividades de investigación relacionadas con la cátedra. ¡Pueden imaginarse la frustración que sentí por no poder llevar a cabo los eventos que habíamos estado preparando durante casi dos años! Afortunadamente, el 31 de marzo recibí un mensaje de Céline Montibeller (coordinadora de la cátedra Jean-Morlet del CIRM) y Patrick Foulon (director del CIRM) sugiriendo que organizáramos una versión virtual del taller. A pesar de algunas reticencias iniciales, el hecho de que pudiéramos hacer el evento y continuar las actividades académicas del CIRM, aunque en condiciones totalmente diferentes, fue una gran motivación.

¿Cómo fue trabajar con un nuevo formato en circunstancias tan excepcionales?

Fue un desafío enorme, sobre todo porque nunca antes había participado de un evento científico virtual. El equipo del CIRM, siempre atento y sumamente eficiente, propuso un interesante formato que consistía en grabar las conferencias con antelación, ponerlas a disposición del público en un sitio web y organizar sesiones de debate en vivo para que los participantes pudieran interactuar con los oradores. Seguimos con este formato, grabando las conferencias durante la semana del 5 de abril, e hicimos dos sesiones en vivo con todos los participantes el 15 y 17 de abril.

Este evento, diseñado y organizado en menos de tres semanas, fue un verdadero éxito. Como resultado, decidimos hacer una versión virtual de la Escuela Temática de Geometría y Dinámica de las Foliaciones, inicialmente programada para la semana del 18 de mayo. Utilizando el modelo de taller, grabamos 5 cursos breves por adelantado (que consistían en tres o cuatro conferencias de unos 40 minutos cada una) y programamos una sesión de intercambio en línea correspondiente a cada curso. Complementamos estas actividades con una docena de mini-conferencias presentadas por diferentes jóvenes investigadores (también en línea) durante tres días.

El resultado final de estas experiencias, tanto del taller como de la escuela temática, fue sorprendente. Las conferencias fueron de muy alto nivel y el público participó activamente en cada una de ellas. Esta experiencia es una prueba concreta de que los intercambios científicos internacionales pueden continuar a pesar de la situación actual.

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