[:fr]Entretien avec Guillaume Odonne – Ethnobiologiste en Guyane[:pt]Entrevista com Guillaume Odonne – Etnobiólogo na Guiana Francesa[:es]Entrevista con Guillaume Odonne – Etnobiólogo en la Guayana Francesa[:]

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Contact : Guillaume Odonne – Guillaume.odonne@cnrs.fr
Auteur : Laura Person

Guillaume, vous êtes ethnobiologiste et chargé de recherche au CNRS au sein du LEEISA en Guyane française. Qu’est-ce que c’est exactement le LEEISA ? Quels sont les domaines de recherche de ce  laboratoire ?

Le LEEISA c’est une unité d’écologie globale qui porte le nom de Laboratoire d’Écologie, Évolution, et Interactions des Systèmes amazoniens. Le LEEISA comprend trois équipes. Je suis responsable d’une  équipe qui s’appelle EthnYC Ethnoécologie et Dynamiques Culturelles. Dans cette équipe, on est une petite dizaine de personnes dont 3 titulaires. Notre objet d’étude sont les relations dynamiques entre les sociétés amazoniennes et leur environnement au sens large. Ainsi, nous nous intéressons aux notions de territoires, de subsistance, à la manière de nommer le monde, aux patrimoines bioculturels, aux relations interculturelles, aux questions de santé, et également aux hybridations dans les systèmes culturels. C’est donc une équipe qui est très marquée sciences humaines, et particulièrement anthropologie de la nature. Les deux autres équipes du LEEISA sont :

  • L’équipe EDYLIC Écosystèmes et dynamiques des espaces littoraux et Côtiers, qui est composée de géomorphologues et de géographes qui travaillent notamment sur les changements qui surviennent sur le littoral en Guyane.
  • Et l’équipe EEBA Évolution et écologie de la biodiversité en Amazonie qui s’intéresse à l’évolution et à la diversité avec des approches liées à l’écologie scientifique et à l’écologie chimique et qui étudie notamment les relations entre les prédateurs et les proies.

Guillaume Odonne (à gauche) et Alvaro Tukano (à droite) lors de la Nuit de idées à Brasilia (Photo : João Américo)

Le LEEISA fonctionne également autour de deux plateformes de recherche et services, la station des Nouragues (https://www.nouragues.cnrs.fr/) et l’OHM Oyapock (https://ohm-oyapock.in2p3.fr/). La station des Nouragues est la station d’écologie de la réserve des Nouragues. L’OHM – Observatoire Hommes-Milieux n’est pas une entité physique mais fonctionne par des appels à projets tous les deux ans.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Quand je suis sorti du lycée, j’avais une idée en tête : travailler sur les plantes médicinales. Et pour cela, l’Amazonie et les amérindiens, c’était un peu un mythe. Mais il n’y a pas beaucoup de filières qui mènent à ça. Donc j’ai choisi de suivre un parcours de pharmacie parce que les deux personnes que j’avais  identifiées et qui travaillaient sur ces thématiques étaient des pharmaciennes.

Le cursus de pharmacie était très éloigné de ce que je souhaitais faire, mais j’ai pu y étudier des disciplines fondamentales comme la physique, l’anatomie, la chimie sous toutes ses formes, mais aussi la botanique et la phytochimie. J’ai également appris comment, via la physiologie et la parasitologie, un corps peut dysfonctionner. En parcours de pharmacie, les deux dernières années sont des années de spécialisation. J’ai suivi une spécialisation en pharmacie industrielle à Bordeaux. C’était très intéressant parce qu’on y apprend à décrypter comment fonctionne l’industrie pharmaceutique. À la fin de mon cursus, j’ai dû valider la sixième et dernière année de pharmacie avec un stage de recherche ou d’industrie et pour cela, je me suis donc inscrit en master d’écologie tropicale à l’Université des Antilles à Pointe à Pitre.

Quel était votre premier contact avec le mode de la recherche ? 

À la fin de mon cursus de pharmacie, j’ai fait une thèse sous la direction de Geneviève Bourdy (IRD) et de Didier Stien (CNRS). Je suis parti au Pérou pour travailler sur les remèdes traditionnels en Amazonie. L’objectif du laboratoire de Geneviève Bourdy était d’essayer de développer des molécules pour lutter contre des maladies comme le paludisme ou la leishmaniose à partir des remèdes traditionnels. J’ai donc fait les recherches sur ce sujet un an et demi au Pérou, puis un an et demi à Cayenne. Et pendant ces 3 années, je me suis passionné pour le rapport qu’avaient les gens que j’interrogeais avec la forêt et les plantes. J’ai essayé de comprendre le lien qu’avaient ces personnes aux plantes, aux soins et aux maladies.

Collecte de folioles de palmier (Oenocarpus bataua) pour déterminer l’influence des populations précolombiennes sur la distribution de cette espèce en Amazonie (Photo : Louise Brousseau)

Je me suis rendu compte que la vision des plantes médicinales en Amazonie n’a rien à voir avec celle qu’on en a en Europe. En Europe, on a des phytothérapies très figées, écrites, qui reprennent des savoirs dont l’origine remonte souvent au moyen âge. Alors qu’en Amazonie, le savoir autour des plantes évolue tout le temps, les pratiques changent constamment. J’ai donc commencé à me demander si l’efficacité thérapeutique était le marqueur des choix de plantes médicinales. Comment pouvait-il exister une telle diversité des pratiques et des savoirs ? Ces dynamiques de savoirs sur les plantes médicinales ont alors pris le pas sur les aspects phytochimiques et pharmacologiques qui m’intéressaient au départ.

Qu’avez-vous fait après votre thèse ?

Après avoir terminé ma thèse, la directrice du CNRS Guyane m’a proposé un CDD, pour faire du sourcing de plantes pour mes collègues phytochimistes, avec la liberté de développer mes projets de recherche en parallèle. C’est là que j’ai commencé à glisser doucement vers les SHS. À la fin de ce CDD, en 2014, j’ai passé le concours de chercheur au CNRS et j’ai été recruté à la commission interdisciplinaire 52 (Environnement Sociétés). Le projet que j’ai présenté avait pour objectif d’étudier les relations des sociétés amazoniennes à la biodiversité afin de comprendre comment on constitue de manière sensible et consciente un répertoire de plantes pour soigner les maladies. Ce projet associait diverses disciplines : anthropologie de la santé, microbiologie, botanique, des outils statistiques, etc.

Peu après mon intégration au CNRS, le protocole de Nagoya est entré en vigueur. Il s’agit d’un outil international, adossé à la convention  de Rio, pour  la protection de la biodiversité et des connaissances traditionnelles. L’esprit de ce protocole est tout à fait pertinent. Cependant, certains textes ont été traduits en droit français de manière assez étrange. La protection de  la biodiversité et des connaissances traditionnelles est passée en second plan pour privilégier leur valorisation, et notamment se focaliser sur ce qu’on appelle le « partage des avantages ».

Lorsqu’un industriel ou un institut de recherche s’inspire des connaissances traditionnelles sur la  biodiversité, il faut qu’il y ait une certaine partie d’éventuels bénéfices (financiers ou non) qui soient redistribués à la communauté. C’est indispensable, bien sûr. Le problème c’est que la loi française y inclut également la recherche sur la biodiversité et l’anthropologie de la nature. Ce qui fait que mon travail de documentation des patrimoines bioculturels et de leurs dynamiques, avant qu’ils ne disparaissent, tombe sous le coup d’une loi mal définie, qui bloque les recherches dans ce domaine. Je n’ai donc pas pu mener à bien le programme que j’avais prévu.

Sur quoi avez-vous alors travaillé ces dernières années et quelles sont vos perspectives de recherche dans un avenir proche ?

Tout d’abord, ces dernières années, je me suis intéressé à l’écologie historique, c’est-à-dire l’écologie classique à laquelle on associe de l’anthropologie et de l’ethnobiologie, pour essayer de comprendre comment les écosystèmes ont évolué en incluant les influences humaines. Je viens tout juste de terminer un projet collectif de 4 ans qui s’appelait LongTIme (http://www.labex-ceba.fr/longtime-test/) et qui abordait cette question pour la station des Nouragues (Guyane), une station d’écologie vitrine de l’Institut Ecologie et Environnement (INEE) du CNRS.

Ce projet nous a permis de montrer que cette région a connu de multiples périodes d’habitations et que la biodiversité qu’on y trouve est la résultante d’interactions avec les populations antérieures au cours des siècles.

Je continue également à mener des projets d’ethnobotanique auprès de sociétés vivantes. J’ai encadré la thèse de Marc Alexandre Tareau, qui se penchait sur la question des dynamiques de savoirs autour des plantes à l’échelle du littoral guyanais mais aussi du Brésil et du Suriname. Récemment, on s’est également intéressé à comprendre comment les  savoirs  s’adaptent au milieu. L’un de nos projets, financé par l’INEE, a pour but de comparer les pharmacopées de la diaspora haïtienne. Il y a d’importantes communautés haïtiennes à Cayenne, New-York, Miami et Montréal. On tâche de comparer comment, dans des contextes urbains ou semi-urbains différents, ces savoirs autour des plantes évoluent.

Asosi (Momordica charantia), principale plante de collecte urbaine chez les haïtiens de Miami (photo : Marc-Alexandre Tareau)

Mon dernier axe de recherche traite des hybridations et de la mixité thérapeutique entre biomédecines et ethnomédecines. En Guyane, c’est un sujet particulièrement d’actualité car la plupart des gens ont recours à plusieurs systèmes médicinaux : ils utilisent tant

des plantes médicinales que des traitements pharmaceutiques, et recourent à des systèmes magiques ou religieux dont la place dans le soin est prépondérante. Cette thématique intéresse l’Agence Régionale de Santé de Guyane qui a financé plusieurs projets de recherche sur ce sujet dans l’idée d’essayer de créer une synergie de manière plus habile et plus respectueuse entre la biomédecine et certaines pratiques locales.

Dans tous ces domaines : écologie historique, anthropologie amazoniste, ethnobiologie, les relations avec des pays comme le Pérou, le Brésil ou encore l’Équateur sont fertiles car elles permettent de comparer des modalités différentes, mais pas si éloignées de ces régions avec des interactions que l’on observe en Amazonie française. L’ethnobiologie comme discipline est également bien plus dynamique en Amérique latine, ce qui profite à nos recherches en Guyane

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Durante a 1° edição da Noite das Ideias no Brasil intitulada A FLORESTA. SER VIVO, que aconteceu em 30 de janeiro de 2020, o escritório do CNRS no Rio conversou com Guillaume Odonne, pesquisador do CNRS, sobre sua carreira e seus temas de pesquisa

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Contato : Guillaume Odonne – Guillaume.odonne@cnrs.fr
Autor : Laura Person

Guillaume, você é etnobiólogo e pesquisador do CNRS na LEEISA na Guiana Francesa. O que é o LEEISA exatamente? Quais são as áreas de pesquisa desse laboratório?

O LEEISA, Laboratório de Ecologia, Evolução e Interações dos Sistemas Amazônicos é uma unidade de ecologia global. Três equipes formam o LEEISA. Sou responsável de uma equipe chamada EthnYC, Etnoecologia e Dinâmicas Culturais. Esse grupo conta com cerca de dez pessoas, incluindo três membros efetivos. Nosso objeto de estudo são as relações dinâmicas entre as sociedades amazônicas e seu meio ambiente no sentido amplo. Assim, nossos temas de interesse são: as noções de territórios e de subsistência, as formas de nomear o mundo, os patrimônios bioculturais, as relações interculturais, a saúde, e também as hibridações nos sistemas culturais. Portanto, a maioria dos membros da equipe são formados em ciências humanas e, particularmente, em antropologia da natureza.

As outras duas equipes do LEEISA são:

  • A equipe EDYLIC Ecossistemas e Dinâmicas das Áreas Litorâneas e Costeiras, reúne geomorfólogos e geógrafos que trabalham em particular nas mudanças do litoral da Guiana Francesa.
  • E a EEBA Evolução e Ecologia da Biodiversidade na Amazônia, interessada na evolução e na biodiversidade com abordagens relacionadas à ecologia científica e química, e que estuda em particular as relações entre predadores e presas.

Guillaume Odonne (esquerda) e Álvaro Tukano (direita) na Noite das Ideias em Brasília (Foto : João Américo)

O LEEISA opera com duas plataformas de pesquisa e serviços, a estação de Nouragues (https://www.nouragues.cnrs.fr/) e o OHM Oyapock (https://ohm-oyapock.in2p3.fr/). A estação de Nouragues é a estação de ecologia da reserva ambiental de Nouragues. O OHM, Observatório Homem-Meio Ambiente, não é uma entidade física, mas funciona através de chamadas de projetos a cada dois anos.

Você pode nos falar sobre seu currículo?

Quando terminei o ensino médio, tinha uma ideia em mente: trabalhar com plantas medicinais. E para isso, a Amazônia e os Indígenas eram um mito. Mas não tinha muitas opções que levavam a estudar isso. Então, optei em estudar farmácia porque as duas pessoas que eu tinha identificado que trabalhavam com esses temas eram farmacêuticos.

O currículo de farmácia estava muito distante do que eu queria fazer, mas pude estudar disciplinas fundamentais como física, anatomia, química em todas as suas formas, mas também botânica e fitoquímica. Também aprendi como, através da fisiologia e da parasitologia, um corpo pode mal funcionar. Os dois últimos anos foram anos de especialização, e me especializei em farmácia industrial em Bordeaux. Foi muito interessante porque aprendi a decifrar como funciona a indústria farmacêutica. No final dos meus estudos, tive que validar o sexto e último ano de farmácia com um estágio na pesquisa ou na industria; e para isso me inscrevi no mestrado de ecologia tropical na Universidade das Antilhas em Pointe-à-Pitre.

Quel était votre premier contact avec le mode de la recherche ? 

No final dos meus estudos em farmácia, fiz uma tese orientada por Geneviève Bourdy (IRD) e Didier Stien (CNRS). Fui ao Peru para trabalhar em remédios tradicionais na Amazônia. O objetivo do laboratório de Geneviève Bourdy era tentar desenvolver moléculas para combater doenças como a malária ou a leishmaniose a partir de remédios tradicionais. Assim, trabalhei nesse assunto durante um ano e meio no Peru, e um ano e meio em Caiena depois. Durante esses três anos, fiquei fascinado com a relação que as pessoas que eu entrevistava tinham com a floresta e as plantas. Tentei entender o vinculo que essas pessoas tinham com as plantas, os remédios e as doenças.

Colheita de folíolos de palmeira (Oenocarpus bataua) para determinar a influência das populações pré-colombianas sobre a distribuição desta espécie na Amazônia (foto : Louise Brousseau)

Percebi que a visão das plantas medicinais na Amazônia não tem nada ver com a visão que temos na Europa. Na Europa, temos fitoterapias muito rígidas, escritas, baseadas em conhecimentos datados da Idade Média. Enquanto na Amazônia, o conhecimento das plantas está em evolução continua, as práticas estão em constante mudança. Então comecei a me perguntar se a eficiência terapêutica era o marcador da escolha das plantas medicinais. Como pode existir tanta diversidade de práticas e conhecimentos? Essas dinâmicas de conhecimento sobre plantas medicinais prevaleceram sobre os aspectos fitoquímicos e farmacológicos que me interessavam no início.

Qu’avez-vous fait après votre thèse ?

Após completar minha tese, o diretor do CNRS Guiana me ofereceu um contrato por tempo determinado para fazer o sourcing de plantas para meus colegas fitoquímicos, com a liberdade de desenvolver meus projetos de pesquisa em paralelo. Foi quando eu comecei a deslizar lentamente para as CHS. No fim do meu contrato, em 2014 prestei o concurso de pesquisador do CNRS e fui recrutado na comissão interdisciplinar 52 (Meio Ambiente e Sociedade). O objetivo do projeto que apresentei era estudar as relações das sociedades amazônicas com a biodiversidade, com o intuito de entender como é construído de forma sensível e consciente um repertório de plantas para curar doenças. O projeto reuniu várias disciplinas: antropologia da saúde, microbiologia, botânica, estatística, etc.

Pouco depois que entrei no CNRS, o protocolo de Nagoya entrou em vigor. É uma ferramenta internacional, apoiada pela Convenção do Rio, para a proteção da biodiversidade e do conhecimento tradicional. O espírito deste protocolo é muito relevante. No entanto, alguns textos foram traduzidos para o direito francês de uma forma estranha. A proteção da biodiversidade e do conhecimento tradicional passou em segundo plano para privilegiar sua valorização e, em particular, para se concentrar no que é chamado de “compartilhamento de benefícios”.

Quando uma empresa ou um instituto de pesquisa se inspira do conhecimento tradicional sobre a biodiversidade, deve haver uma certa parte dos benefícios eventuais (financeiros ou não) que são redistribuídos para a comunidade. É obvio que isso é essencial. O problema é que a lei francesa também inclui a pesquisa sobre a biodiversidade e a antropologia da natureza. Significa que meu trabalho de documentação do patrimônio biocultural e sua dinâmica, antes que desapareça, se enquadra em uma lei mal definida, que bloqueia a pesquisa neste campo. Por isso, não consegui realizar o programa que havia planejado.

Sur quoi avez-vous alors travaillé ces dernières années et quelles sont vos perspectives de recherche dans un avenir proche ?

Em primeiro lugar, nos últimos anos, me interessei pela ecologia histórica, ou seja, a ecologia clássica junto com a antropologia e a etnobiologia, para tentar entender como os ecossistemas evoluíram quando as influências humanas são incluídas. Acabei de concluir um projeto coletivo de 4 anos chamado LongTIme (http://www.labex-ceba.fr/longtime-test/) que abordou esta questão para a estação de Nouragues (Guiana Francesa), uma estação de ecologia vitrine do Instituto de Ecologia e Meio Ambiente (INEE) do CNRS.

Este projeto permitiu mostrar que esta região passou por múltiplos períodos de ocupação humana, e que a sua biodiversidade é o resultado de interações com populações anteriores ao longo dos séculos.

Também continuo a realizar projetos etnobotânicos com sociedades humanas vivas contemporâneas. Acompanhei a tese de Marc Alexandre Tareau, que estudou a questão da dinâmica do conhecimento das plantas no litoral da Guiana, mas também no Brasil e no Suriname. Recentemente, também procuramos entender como o conhecimento se adapta ao meio ambiente. Um dos nossos projetos, financiado pelo INEE, visa comparar as farmacopeias da diáspora haitiana. Existem grandes comunidades haitianas em Caiena, Nova York, Miami e Montreal. Estamos tentando comparar como, em diferentes contextos urbanos ou semi-urbanos, esse conhecimento sobre plantas evolui.

Melão-de-São-Caetano (Momordica charantia), principal plante colhida na cidade de Miami pelos haitianos (foto : Marc-Alexandre Tareau)

Minha última linha de pesquisa trata das hibridações e da mistura terapêutica entre biomedicina e etnomedicina. Na Guiana Francesa, é um assunto particularmente atual porque a maioria das pessoas usa vários sistemas medicinais: usam plantas medicinais e tratamentos farmacêuticos, e recorrem a sistemas mágicos ou religiosos, que têm um lugar preponderante no tratamento. Interessada por esse tema, a Agência Regional da Saúde da Guiana Francesa financiou vários projetos de pesquisa com a ideia de tentar criar uma sinergia mais eficaz e respeitosa entre a biomedicina e certas práticas locais.

As elações com países como Peru, Brasil ou Equador são férteis em todos esses campos (ecologia histórica, antropologia amazônica, etnobiologia) porque permitem comparar as modalidades dessas regiões, diferentes mas não tão distantes, com as interações observadas na Amazônia francesa. Também, a etnobiologia como disciplina é muito mais dinâmica na América do Sul, o que beneficia nossas pesquisas na Guiana.

[:es]Con motivo de la primera Noche de las ideas en Brasil, titulada LA SELVA. UN SER VIVO, que tuvo lugar el 30 de enero de 2020, la oficina del CNRS en Río se reunió con uno de sus invitados, Guillaume Odonne, para conversar sobre su carrera y sus temas de investigación.

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Contato : Guillaume Odonne – Guillaume.odonne@cnrs.fr
Autora : Laura Person

Guillaume, usted es etnobiólogo e investigador del CNRS en el LEEISA de la Guayana Francesa. ¿Qué es exactamente el LEEISA? ¿Cuáles son los campos de investigación de este laboratorio?

El LEEISA es una unidad mixta de ecología global que lleva el nombre de Laboratorio de Ecología, Evolución e Interacciones de los Sistemas Amazónicos. El LEEISA está compuesto por tres equipos. Estoy a cargo de un equipo llamado EthnYC Etnoecología y Dinámica Cultural. En este equipo somos una docena de personas, de las cuales tres somos investigadores titulares. Nuestro objeto de estudio son las relaciones dinámicas entre las sociedades amazónicas y su entorno, en un sentido amplio. Nos interesan las nociones de territorio, de subsistencia, cómo nombrar el mundo, los patrimonios bioculturales, las relaciones interculturales, las cuestiones de salud y también las hibridaciones de los sistemas culturales. Por lo tanto, se trata de un equipo con una sólida formación en humanidades y, en particular, en antropología de la naturaleza.

Los otros dos equipos del LEEISA son:

  • El equipo EDYLIC (Ecosistemas y dinámicas de los espacios costeros y litorales), formado por geomorfólogos y geógrafos que trabajan particularmente sobre los cambios que afectan a la costa de la Guayana Francesa.
  • El equipo EEBA (Evolución y ecología de la biodiversidad en el Amazonas), que se interesa por la evolución y la diversidad utilizando enfoques vinculados a la ecología científica y química y que estudia, en particular, las relaciones entre depredadores y presas.

Guillaume Odonne (izquierda) y Alvaro Tukano (derecha) en la Noche de las ideas en Brasilia (Foto : João Américo)

El LEEISA también opera en torno a dos plataformas de investigación y servicios, la estación de Nouragues (https://www.nouragues.cnrs.fr/) y el OHM Oyapock (https://ohm-oyapock.in2p3.fr/). La estación de Nouragues es la estación ecológica de la reserva de Nouragues. El OHM (Observatoire Hommes Milieux) no es una entidad física, sino que opera a través de convocatorias de proyectos cada dos años.

¿Podría hablarnos de su carrera?

Cuando terminé la escuela secundaria, tenía una idea en mente: trabajar con plantas medicinales. Y por eso, el Amazonas y los pueblos amerindios representaban un mito para mí. Pero como no había casi especializaciones en ese campo, elegí seguir la carrera de farmacia, sobre todo porque las dos personas que había identificado como referentes y que trabajaban en esos temas eran farmacéuticos.

El plan de estudios de farmacia estaba muy lejos de lo que yo quería hacer, pero pude estudiar disciplinas fundamentales como la física, la anatomía, la química en todas sus formas, y también botánica y fitoquímica. También aprendí cómo, a través de la fisiología y la parasitología, un cuerpo puede funcionar mal. Los dos últimos años de la carrera de farmacia son de especialización. Yo hice una especialización en farmacia industrial en Burdeos. Fue muy interesante porque aprendí a descifrar cómo funciona la industria farmacéutica. Al final de la carrera, tuve que convalidar el sexto y último año con una pasantía de investigación o industrial y para hacerla me matriculé en una maestría en ecología tropical en la Université des Antilles en Pointe à Pitre.

¿Cuál fue su primer contacto con el mundo de la investigación?

Al final de mi formación en farmacia, hice una tesis bajo la supervisión de Geneviève Bourdy (IRD) y Didier Stien (CNRS). Fui a Perú para investigar acerca de los remedios tradicionales en el Amazonas. El objetivo del laboratorio de Geneviève Bourdy era tratar de desarrollar moléculas para combatir enfermedades como la malaria o la leishmaniasis a partir de remedios tradicionales. Así que hice la investigación sobre este tema durante un año y medio en Perú, y luego un año y medio en Cayena. Durante esos tres años, me fascinó la relación que tenía la gente que entrevistaba con la selva y las plantas. Traté de entender el vínculo que esas personas establecían con las plantas, los tratamientos y las enfermedades.

Recolección de hojas de palma (Oenocarpus bataua) para determinar la influencia de las poblaciones precolombinas en la distribución de esta especie en el Amazonas (foto : Louise Brousseau)

Me di cuenta de que la visión que se tiene de las plantas medicinales en el Amazonas no es la misma que en Europa. En Europa tenemos fitoterapias muy fijas, escritas, que retoman conocimientos cuyo origen se remonta a menudo a la Edad Media. Mientras que en el Amazonas el conocimiento sobre las plantas está en permanente evolución, las prácticas cambian constantemente. Así que empecé a preguntarme si la eficacia terapéutica era el indicador de por qué se eligen ciertas plantas medicinales y no otras. ¿Cómo puede haber tal diversidad de prácticas y conocimientos? La dinámica del conocimiento sobre las plantas medicinales cobró entonces prioridad sobre los aspectos fitoquímicos y farmacológicos que me interesaban al principio.

¿Qué hizo después de su tesis?

Después de terminar mi tesis, el director del CNRS de Guayana me ofreció un contrato para hacer sourcing (búsqueda, identificación, selección) de plantas para mis colegas fitoquímicos, con la libertad de desarrollar mis proyectos de investigación en paralelo. Fue entonces cuando empecé a deslizarme lentamente hacia las ciencias humanas y sociales. Al final de ese contrato, en 2014, pasé el concurso de investigador en el CNRS y fui reclutado para la Comisión Interdisciplinaria 52 (Medio Ambiente y Sociedad). El proyecto que presenté tenía como objetivo estudiar la relación de las sociedades amazónicas con la biodiversidad para comprender cómo construir de forma sensible y consciente un repertorio de plantas para curar enfermedades. Este proyecto reunió varias disciplinas: antropología de la salud, microbiología, botánica, herramientas estadísticas, etc.

Poco después de mi incorporación al CNRS, entró en vigor el protocolo de Nagoya. Es un instrumento internacional, respaldado por el Convenio de Río, para la protección de la biodiversidad y los conocimientos tradicionales. El espíritu de este protocolo es muy importante. Sin embargo, algunos textos han sido traducidos a la ley francesa de una manera bastante extraña. La protección de la biodiversidad y de los conocimientos tradicionales quedó relegada a un segundo plano, favoreciéndose, por el contrario, su puesta en valor y, en particular, lo que se denomina “reparto de beneficios”. Cada vez que una empresa o un instituto de investigación se inspira en los conocimientos tradicionales sobre la biodiversidad, debe haber una redistribución de una parte de los beneficios obtenidos (financieros o de otro tipo) a la comunidad. Esto es esencial, por supuesto. El problema es que la legislación francesa también incluye aquí a la investigación sobre la biodiversidad y la antropología de la naturaleza. Esto significa que mi trabajo de documentar el patrimonio biocultural y su dinámica, antes de que desaparezca, cae bajo una ley mal definida, que bloquea la investigación en este campo. Por lo tanto, no pude llevar a cabo el programa que había planeado

¿En qué ha estado trabajando en los últimos años y cuáles son sus perspectivas de investigación en el futuro próximo?

En primer lugar, en los últimos años me he interesado por la ecología histórica, es decir, la ecología clásica que asociamos a la antropología y la etnobiología, para tratar de comprender cómo han evolucionado los ecosistemas, incluyendo las incidencias humanas. Acabo de terminar un proyecto colectivo de cuatro años llamado LongTIme (http://www.labex-ceba.fr/longtime-test/) que abordó este tema para la estación de Nouragues (Guayana Francesa), una estación ecológica del Institut Ecologie et Environnement (INEE) del CNRS.

Este proyecto permitió demostrar que esa región ha tenido múltiples períodos de asentamiento y que la biodiversidad que allí se encuentra es el resultado de las interacciones con diferentes poblaciones a lo largo de los siglos.

También continúo realizando proyectos de etnobotánica en sociedades actuales. Supervisé la tesis de Marc Alexandre Tareau, que examinó la cuestión de la dinámica del conocimiento sobre las plantas en la costa de la Guayana, pero también de Brasil y Surinam. Recientemente, también nos hemos interesado en entender cómo el conocimiento se adapta al medio. Uno de nuestros proyectos, financiado por la INEE, tiene como objetivo comparar las farmacopeas de la diáspora haitiana. Hay grandes comunidades haitianas en Cayena, Nueva York, Miami y Montreal. Estamos tratando de comparar cómo se va modificando el conocimiento sobre las plantas en diferentes contextos urbanos o semiurbanos.

Asosi (Momordica charantia), la principal planta de recolección urbana entre los haitianos de Miami (foto : Marc-Alexandre Tareau)

Mi última línea de investigación trata de las hibridaciones y la mezcla terapéutica entre la biomedicina y la etnomedicina. En la Guayana Francesa, este tema es muy actual porque la mayoría de las personas recurren a varios sistemas medicinales: utilizan tanto plantas medicinales como tratamientos farmacéuticos, y recurren también a sistemas mágicos o religiosos. Además, es un tema de interés para el Organismo Regional de Salud de la Guayana Francesa, que ha financiado varios proyectos de investigación al respecto con la idea de crear una sinergia más hábil y respetuosa entre la biomedicina y ciertas prácticas locales.

En todos estos campos (la ecología histórica, la antropología amazónica o la etnobiología), las relaciones con países como Perú, Brasil o Ecuador son fértiles porque permiten comparar modalidades diferentes, pero no tan disímiles a las que pueden observarse en la Amazonia francesa. La etnobiología como disciplina es también mucho más dinámica en América Latina, lo que beneficia nuestras investigaciones en la Guayana Francesa.

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